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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 09:11

http://www.whoswho.fr/doc/whoswho/photos/valide/456/65032-4fd865fed0747.jpg par Philippe Naszályi
Directeur de La Revue des Sciences de Gestion[1] 
Professeur à l’Université d’Evry Val d’Essonne
[2]

Comme le philosophe Michel Serres, professeur à Stanford University, ne cesse de le rappeler, il convient de « créer de nouvelles structures » d’organisation (s) car les « sociétés d’aujourd’hui sont trop vieilles et tombent en lambeau ».

Une étude de décembre 2012[3]  montre, qu’1,3 à 1,4 million d’emplois sont concernés, chaque année par les transmissions d’entreprises. On  y constats aussi que :

  • les  disparitions de PME, par « mort naturelle » et par décision de justice équivaut à la disparition de 3% des PME-ETI françaises, en 2010 comme en 2011…
  • 46 % des cessions, interviennent après que le dirigeant a atteint 55 ans ou plus…
  • Enfin, « si la transmission au sein de la famille constitue une aspiration forte des dirigeants de PME, elle reste encore très faible, (1,40% par an)

La « logique de pérennité et de développement du patrimoine économique » qui est le propre de la transmission familiale, amène naturellement à considérer qu’après ou avec la famille, le seul élément permanent de l’entreprise, c’est ses salariés. Il y a donc bien une logique à envisager, parmi les formes les plus adaptées à la pérennité de l’activité économique et donc de l’emploi, une législation qui favorise la reprise par ceux qui sont le plus attachés à l’entreprise. Deux récents projets s’y attachent  avec esprit d’innovation. Le premier est un fructueux aboutissement d’une réflexion participative animée par Ap2e[4]. Nous en sommes modestement partie prenante. Le deuxième émane de la sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann.[5]

En 1948, Charles de Gaulle,  déclarait, en des termes qui, s’ils ont vieilli peut-être, n’en révèlent pas moins une innovation, toujours créatrice tant les solutions actuelles et présentées comme modernes,  sont celles du pire XIXe siècle : « Il faut que vous preniez part largement aux responsabilités économiques françaises », (…) « Cela implique que, dans la production, vous soyez, non plus des instruments, mais des associés (…) Oui !  Nous voulons l'Association du travail, du capital, de la direction. (…) (par des) contrats de société, passés sur un pied d'égalité»

Dans une lettre, adressée le 6 mai, au Président de la Fondation Charles de Gaulle, Jacques Godfrain, Thibault Lanxade, alors candidat à la présidence du Medef, écrivait : « Là où les salariés sont impliqués dans la marche de l’entreprise, la performance de celle-ci s’en trouve renforcée au bénéfice de tous ». Et le Pdg d’Aqoba, de poursuivre : « Des salariés-actionnaires, ce sont des salariés impliqués et engagés collectivement pour la réussite de l’entreprise ». Certes Thibault Lanxade ne souhaite pas le transfert de la gouvernance  de toutes les entreprises aux salariés ni l’abolition de la propriété privée que d’aucuns agitent, mais il balaie, les pseudo-arguments des « petits marquis » de Bercy et de Grenelle, (à l’expérience en matière de gestion d’entreprises, plus que discutable) quant à la compétence des salariés et des cadres, et à la faisabilité de reprises d’entreprises par des structures coopératives. Comme la démocratie économique fait peur !

« Association » gaullienne ou « participation », reprise par le porteur du projet « entreprendre ensemble »[5],  ou coopérative comme le prévoient les deux propositions de loi que nous citons, dans l’esprit des engagements du Président de la République, alors candidat sous le nom de François Hollande[6], tout concourt à la modernisation de l’activité économique, porteuse d’emplois.

En effet, comme le fait remarquer, Guy Leclerc, Président de la Fédération du commerce associé (FCA) : « Beaucoup confondent encore coopérative avec collectivisme. Avec la crise, (…), le système coopératif est devenu un modèle. » Le patron de la FCA qui représente un secteur de 510 800 salariés, un chiffre d’affaires de 138,2 milliards d'euros avec une croissance de 3,6% l’an[7], poursuit : « Depuis plus de dix ans, la FCA publie des résultats qui font état d'une croissance supérieure (des coopératives) à celle du commerce de détail français, tous secteurs confondus. (…) En ces temps de crise, le taux de survie dans une entreprise coopérative est deux fois supérieur à celui d'autres formes d'organisations commerciales. Enfin, ces entreprises sont non délocalisables. »

Dans cet ordre d’idée, le 14 décembre 2012, Benoît Hamon, Ministre délégué en charge de l'Economie sociale, est intervenu devant les Procureurs. Son intervention visait à présenter au Parquet, les éléments, facilitant les solutions de reprises par les salariés sous forme coopérative.[8] La survie des entreprises en difficultés, est une occasion de chercher à maintenir emplois, compétences, développement territorial et activité économique. Les exemples récents son éloquents. C’est Hélio-Corbeil soutenu même par Serge Dassault et Le Figaro[9]. C’est SeaFrance, pour lequel l’ancien chef de l’Etat  avait déclaré lui-même aux salariés : « Le projet de Scop que vous portez est aujourd'hui le seul connu et en mesure de préserver l'essentiel des emplois actuels de SeaFrance, …[10]».

Les solutions, sauf pour les imbéciles, ne sont jamais uniques ou exclusives. Par delà les choix politiques ou idéologiques des uns et des autres, c’est l’intelligence et le pragmatisme qui doivent l’emporter, pour l’intérêt bien compris de l’emploi et de l’économie. Les conservatismes de tout poil, alliés aux idéologies passéistes et aux peurs irrationnelles ou perverses, bien plus encore que les charges financières, sont la cause du blocage économique et du chômage. Une législation adaptée au rachat par les salariés sous forme coopérative, est une innovation créative en matière d’organisation. Le courage et l’intelligence l’emporteront-ils ?  Attendons le projet gouvernemental en matière d’ESS !

« Que celui qui a des oreilles pour entendre entende! » (Marc, 4,9)

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Published by La redaction de LaRSG - dans Social

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