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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 22:45

Didier Bensadon, université de Paris-Dauphine
Nicolas Praquin, université de Paris-Sud
Béatrice Touchelay, université de Lille Nord de France (Lille 3)
Philippe Verheyde, université de Paris VIII-Saint Denis

Vous invitent à proposer une contribution à la seconde journée d’étude

« Histoire, entreprises et gestion » consacrée à

« L’argent des entreprises, dynamiques et circulations XIX et XXe siècles »

organisée à l’université de Lille Nord de France (Lille 3) le vendredi 8 juin 2012

La première journée « Histoire, Entreprises et Gestion » du 17 juin 2011 à l’Université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, sur le thème : « Comptabilités d’entreprises et Histoire XIX-XXe siècles : objets, pratiques et enjeux », a été l’occasion pour des historiens, des juristes, des sociologues et des spécialistes de sciences de gestion d’examiner la manière dont la comptabilité et la gestion se sont imposées au sein des organisations privées.

La prochaine journée se déroulera à l’université de Lille 3 le 8 juin 2012. Nous souhaitons prolonger les réflexions et les échanges sur les réalités et les interprétations du concept d’entreprise, appréhendée à la fois comme une construction et un vécu, comme un objet d’histoire et comme un système d’organisation inscrit dans le temps et dans l’espace.

Nous cherchons à susciter une réflexion collective auprès des chercheurs confirmés, mais également auprès des doctorants et des professionnels des sciences humaines et sociales qui s’intéressent à l’entreprise comme acteur économique, social et politique, voire culturel.

Le thème de cette journée porte sur « l’argent des entreprises ». Cette thématique nous parait particulièrement fédératrice et propice à une approche mêlant différentes échelles géographiques et s’appuyant sur des fonds d’archives et des sources secondaires diversifiés. En ne retenant que le secteur privé - le secteur public soulève d’autres questions - cette thématique éclaire l’entreprise à trois niveaux différents :

Elle pose la question des sources et du mode de financement de l’activité de production (banque-emprunt, bourse-actions, famille-prêts), du sens et de la réalité de l’autofinancement, et par conséquent de la dépendance de l’entreprise à l’égard des fournisseurs de capitaux. Faite d’argent, l’entreprise entretient des relations spécifiques avec ses financeurs, qu’il s’agisse des Etats qui les subventionnent, des banques qui leur prêtent, des familles qui investissent, et il convient d’éclairer ces relations. Cette dimension pose la question de l’emprunt et du coût de ses sources de financement, de leur évolution dans le temps et dans l’espace. Elle invite à s’interroger sur les évolutions les plus récentes (dérégulation des marchés financiers, déréglementation des activités bancaires,…) et à comprendre comment ils s’inscrivent dans la continuité des modes de financement les plus traditionnels, provenant des familles, des réseaux de pairs, des bourses régionales, des banques. Cet axe incite aussi à s’interroger sur les formes particulières d’entreprises que sont les sociétés coopératives ouvrières de production (SCOP) ou les entreprises familiales par exemple qui entretiennent une relation particulière avec l’argent. A partir d’exemples concrets inscrits dans l’histoire et en interrogeant différentes sciences sociales, il s’agit de savoir dans quelle mesure le mode de financement de l’entreprise influence sa stratégie.

Le second axe de la réflexion s’intéresse à l’entreprise comme un lieu majeur de la redistribution et de la circulation de l’argent : l’entreprise génère de l’argent. Distribuant les revenus salariaux, l’entreprise paye des impôts, elle verse des intérêts aux banques, règle des dividendes à ses actionnaires, etc. La façon dont l’entreprise gère son argent, les stratégies qu’elle emploie pour le faire fructifier et gérer sa trésorerie ou rentabiliser les capitaux investis, son attitude par rapport au risque et à l’investissement éclairent sa stratégie, distinguant une approche patrimoniale de reproduction du capital et une posture expansionniste. La signification de certains postes comptables, leur adaptation aux crises économiques et aux tensions sociales et politiques, ou bien aux guerres mondiales et aux moments interventionnistes, constitue un terrain privilégié pour une approche pluridisciplinaire que nous souhaitons développer largement.

Le troisième axe conduit à s’interroger sur les réactions suscitées par l’argent de l’entreprise, qu’il soit réel ou supposé : l’argent des entreprises s’inscrit aussi dans son rapport au politique. L’intervention des autorités publiques, économiques et sociales et celles d’institutions comme les syndicats, agissant à différentes échelles (transnationale, nationale, régionale et municipale), la présence de professionnels comme les experts-comptables ou les commissaires aux comptes dès lors qu’ils sont encadrés par l’Etat, la fiscalité, les réglementations comptables et celles des sociétés, les pressions diverses exercées par les conflits sociaux, par le boycott ou par la négociation limitent l’autonomie de l’entreprise à l’égard de l’argent. Les moments particuliers que constituent les guerres et les sorties de guerres ou bien les crises économiques, pendant lesquels le seuil de tolérance à l’enrichissement des entreprises est abaissé méritent un examen particulier.

L’organisation de la journée à Lille permet également de poser la question de l’entreprise et l’argent dans un contexte géographique particulier : celui du Nord de la France et de la Belgique, marqués par une longue histoire industrielle et qui disposent d’abondants fonds d’archives qui pourraient être utilisés pour répondre à cet appel à communication.

La journée ne suffira sans doute pas à épuiser le thème retenu mais nous désirons provoquer des échanges et laisser une grande place à la discussion. La publication de plusieurs des communications présentées au cours des quatre journées, qui est envisagée, devrait fournir un support à ces réflexions futures

 

Les propositions de communications avec titre (1 page) et un court CV sont à envoyer à Béatrice Touchelay (beatrice.touchelay@free.fr) pour le 15 décembre 2011, une notification d’acceptation ou de refus sera adressée après le 15 janvier 2012.

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Published by La redaction de LaRSG - dans Conférences

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