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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 15:12

XVe-XVIIIe siècles

Paris-Nanterre, 25-26 septembre 2014

 

De l’apparition des premières Bourses de commerce dans l’Italie médiévale à l’apogée des places d’Amsterdam et de Londres, où ils se comptent par centaines, les courtiers exercent des fonctions variées : intermédiation dans les échanges commerciaux de toute nature, traduction entre négociants d’origines diverses, centralisation et diffusion de l’information sur les prix et les stocks, perception des taxes et douanes, régulation du commerce, contrôle de la qualité des produits et  certification des transactions – tout cela fait partie de leurs tâches les plus courantes. Points de rencontre entre acteurs marchands, instruments de la confrontation d’une offre et d’une demande agrégée, mais aussi observateurs privilégiés et vigilants de l’arrivée de nouveaux produits, les courtiers sont pourtant restés relativement à l’écart de l’historiographie économique récente. Entre une analyse des réseaux renouvelée, une histoire connectée d’un commerce de plus en plus globalisé et une réflexion sur le jeu de nouvelles institutions marchandes, les personnels du marché ont du mal à trouver une place. La plasticité de leur visage ainsi que le chevauchement de leurs fonctions avec celles d’autres médiateurs du commerce (commissionnaires, notaires, aubergistes, etc.) compliquent l’observation, le regard préférant s’attacher à des acteurs au rôle ou à l’identité plus fermement définis. Malgré leur omniprésence, les courtiers se trouvent donc dans un angle mort de l’enquête historique.

Pour les remettre au centre des problématiques, nous proposons une interrogation sur le pouvoir qu’ils peuvent exercer. Par là, nous entendons le contrôle des circulations marchandes comme l’influence sur le comportement des agents économiques. Dérivé de l’autorité politique, du prestige social, des relations personnelles, du poids numérique du groupe professionnel et bien sûr d’un accès privilégié à l’information, ce pouvoir des courtiers peut s’exercer de manière directe, par la pression ou la contrainte, ou de manière indirecte, par la manipulation et l’influence. Les manifestations concrètes de ce pouvoir au niveau local se retrouvent dans des sources très variées (manuels de négociants, correspondances ou comptes commerciaux, archives des corporations, notariat, sources judiciaires etc.). A travers l’observation concrète de l’action des courtiers et au-delà des études de cas, on souhaite souligner le rôle déterminant des dynamiques de pouvoir et de confiance dans la prise de décision économique et dans l’évolution des marchés.

Le pouvoir des courtiers pourra être interrogé à différents niveaux :

- A l’intersection des relations entre acteurs économiques, par l’étude du choix des courtiers par les marchands (ou des marchands par les courtiers), par celle de leur fonction d’expertise et de garantie des transactions, ou par l’examen des mécanismes d’établissement de la réputation des partenaires et des intermédiaires de l’échange.

- Au sein du groupe professionnel, par l’étude du contrôle exercé par certains courtiers sur des institutions telles que les prix courants ou les ventes aux enchères, ou bien par celle des cursus d’apprentissage, d’accès à la profession, et des parcours individuels ou familiaux.

- A l’intersection des formes légales et illicites du commerce, les jeux de concurrence ou de coopération entre courtiers illégaux et assermentés demandant à être repensés en tenant compte des intérêts des marchands, et de la possibilité pour les courtiers de jouer sur plusieurs tableaux.

- Au croisement d’évolutions du droit et de la pratique commerciale, les courtiers pouvant contribuer, par leurs registres, à la mise en écrit de la vie économique, mais aussi, par leur action, à la persistance de formes orales de celle-ci.

L’interrogation pourra enfin porter sur la stabilité des formes du courtage : celles-ci répondent-elles, ou non, aux évolutions locales, régionales ou mondiales du commerce européen ? Va-t-on vers une circulation des formes de courtage, vers son homogénéisation  et à quelle échelle ?

Les propositions de communication, portant sur des recherches de première main s’inscrivant dans un cadre chronologique allant du XVe au début du XIXe siècle, et dans un espace géographique incluant l’Europe et les espaces de l’expansion géographique européenne outre-mer, devront être rédigées en français ou en anglais, comprendre un résumé d’une trentaine de lignes ainsi qu’un bref CV, et être adressées avant le 28 avril 2014. Les langues de travail seront le français et l’anglais ; une publication des actes est envisagée.

 

Anne Wegener-Sleeswijk (Université Paris I Panthéon-Sorbonne, CRHM) : anne.wegener-sleeswijk@univ-paris1.fr

Matthieu Scherman (Ecole Française de Rome, ICT) : matthieu.scherman@efrome.it

Vincent Demont (Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, CHISCO) : vdemont@u-paris10.fr

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Published by La redaction de LaRSG - dans Colloques

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