Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Blog animé par Yves Soulabail

nouveau site

NOUVEAU SITE 

haut.gif

9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 08:12

Les recruteurs discriminent-ils malgré eux ? Leurs propos sur les discriminations que pourraient subir les candidats sont souvent très édulcorés ; origines (étrangères), lieu de résidence (quartiers sensibles), sexe, âge, voire éventuel handicap... rien ne semble faire obstacle à leur embauche potentielle. Pourtant, dès lors qu'ils décrivent leurs pratiques d'embauche, la réalité est tout autre.

C'est ce qui ressort de la dernière enquête du Céreq sur les discriminations. L'étude EVADE (Entrées dans la vie active et discriminations à l'embauche) a été portée par le Céreq dans le cadre des projets du Fonds d'expérimentation pour la jeunesse. Son objectif principal était de comprendre dans quelle mesure les problèmes d'accès à l'emploi relèvent de discriminations ou d'autres facteurs. L'analyse menée dans ce cadre confirme que le critère du sexe est rarement neutre pour les recruteurs. Le manque de disponibilité supposé des femmes n'est pas le seul en cause. Tout un ensemble de traits de personnalité assignés «naturellement » aux hommes et aux femmes pèse lourdement dans la procédure de sélection. Les propos des recruteurs, des deux sexes, recueillis lors de l'enquête, montrent à quel point les stéréotypes ont la vie dure...


Le sexe comme synthèse de « qualités » intrinsèques

Pour la grande majorité des recruteurs interrogés, cette dimension est souvent décrite dans un premier temps de l'entretien comme un critère secondaire qui arrive loin derrière les compétences requises, l'expérience professionnelle, etc. Elle apparaît toutefois assez rapidement comme une composante intégrale de la personnalité des candidats. Même si tous les recruteurs ne sont pas aussi péremptoires que cette directrice RH qui explique que, « quoiqu'on en dise, il y a des métiers pour les hommes et d'autres pour les femmes... c'est comme ça, c'est tout ! », reste que les qualités attendues chez la personne que l'on souhaite recruter sont souvent assignées « naturellement » à l'homme ou à la femme.


Le choix du sexe comme stratégie d'entreprise

Les qualités supposées des femmes sont également parfois avancées pour pouvoir répondre davantage aux attentes des clients de l'entreprise... « Pour le métier de commercial, c'est mieux d'être une femme (...) parce que nos clients sont des hommes, du coup, c'est un peu plus facile......ou au contraire, être considérées en inadéquation avec l'image de l'entreprise ou avec celle du produit vendu : « On a peu de femmes dans nos équipes de commerciaux parce que l'alcool c'est un produit surtout masculin. » (Directeur RH, entreprise de taille intermédiaire)

Dans l'imagerie patronale et politique ambiante, tout semble donc prétexte à la mixité professionnelle, quitte parfois à valoriser et à promouvoir, paradoxalement, les « différences » entre les femmes et les hommes. L'argumentaire de la grande majorité des recruteurs rencontrés est essentiellement basé sur la valorisation de spécificités féminines opposées à celles des hommes. Les femmes sont considérées comme porteuses de valeurs et de qualités qui permettent d'humaniser les entreprises, le collectif de travail, grâce notamment à leurs compétences relationnelles. Pour autant, parfois, le fait d'être une femme peut ne pas suffire et il faut aussi dans certains cas, de surcroît, être jeune... sans pour autant être trop jolie...


Le sexe comme révélateur de contraintes familiales

Plus classiquement, une autre dimension entrave clairement l'accès des (jeunes) femmes à certaines entreprises : celle de la charge familiale, réelle ou potentielle. Le critère de la disponibilité horaire, souvent considéré comme très important, est alors mis en avant pour justifier de l'appréhension à recruter une femme pour le poste. La combinaison des critères « sexe », « âge » et « situation matrimoniale » des candidats, et principalement des candidates, est alors lue comme un indice permettant d'estimer les problèmes à venir.

Pour en savoir plus : Bref n°315 - « Les hommes sont plus fonceurs mais les femmes mieux organisées » : quand les recruteur-e-s parlent du sexe des candidat-e-s. Lydie Chaintreuil et Dominique Epiphane. Octobre 2013

Sur l'ensemble de l'étude, notamment sur son volet quantitatif, voir EVADE - Entrées dans la vie active et discriminations à l'embauche, L. Chaintreuil, T. Couppié, D. Epiphane, E. Sulzer, Net.doc n°114, octobre 2013.


En ligne sur le site du Céreq

 

http://www.datapressepremium.com/rmdiff_word/2007716/images/cpcadres.001.jpeg

Partager cet article

Repost 0
Published by La redaction de LaRSG - dans Social

Linkedin-la-revue-des-sciences-de-gestion-copie-1.png

Canalac.jpg

unipresse.jpg

linkfinance Tout emploi en banque finance assurance

300x250_ecofolio_cinq_vies.gif