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Blog animé par Yves Soulabail

nouveau site

NOUVEAU SITE 

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22 janvier 2006 7 22 /01 /janvier /2006 14:09

Le 16 mai 2006, un colloque aura lieu à Montréal dans le cadre du congrès de l'ACFAS.
Date limite pour la confirmation de l’intention de présenter une conférence : 10 février 2006.

Appel disponible sur
http://www.giref.uqam.ca/index_files/appeldecommunication.pdf

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20 janvier 2006 5 20 /01 /janvier /2006 20:41

" Dérégulation, travail et solidarités "
Numéro 42 2/2007

Ce numéro de la revue Autrepart à paraître en juin 2007 est coordonné par Pascale Phélinas (économiste) et Laurent Bazin (anthropologue).
Les propositions de contributions (titre et résumé) sont à envoyer le 7 avril 2006 au plus tard à l'adresse courriel suivante : autrepart@ird.fr
http://www.autrepart.ird.fr

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 21:30

Nouvelle association Rhône-Alpes Qualité Publique (http://raqp.free.fr), sous la forme d’un observatoire régional pour :
- inventorier les pratiques d’amélioration continue et approches qualité mises en œuvre par les différentes organisations publiques ou parapubliques de la Région Rhône-Alpes, les acteurs investis, et de favoriser mise en réseau et benchmarking ;

- créer un lieu ressource et de rencontre pour fédérer les acteurs et diffuser documentation, informations, favoriser la recherche et la formation ;
- approfondir un certain nombres de thématiques autour desquelles des groupes d’acteurs ont envie de travailler ensemble, sous la forme d’ateliers périodiques, aboutissant à des tables rondes, à des recherches, à des publications…

L’un des ateliers cible la thématique « développement durable et qualité publique ».

Une première rencontre de cet atelier (maximum : 30 personnes) aura lieu mardi 24 janvier de 14 heures à 16 heures 30 à l’ESDES (Ecole de management de l'Université catholique de Lyon). Adresse : 23 Place Carnot, 69002 LYON - FRANCE, métro Perrache  (Plan: http://www.esdes-recherche.net/Plan-01.htm).

Contact information/inscription : Jean-Claude DUPUIS, Délégué à la recherche, ESDES - Université catholique de Lyon, e-mail: jcdupuis@univ-catholyon.fr, tél.: +33 (0)4 72 32 58 96 (Assistante: Anne DESHORS), site web : www.esdes-recherche.net

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16 janvier 2006 1 16 /01 /janvier /2006 20:48

Un nouveau site sur l'économie solidaire :http://www.univ-mlv.fr/ecosoc

Première ambition du site : faire connaître davantage l'économie sociale, ses organisations, ses secteurs d'activité, ses métiers, ses manifestations.
Deuxième ambition : montrer l'implication de la licence professionnelle dans l'économie sociale : les métiers auxquels elle prépare (assistant en communication, assistant qualité, chargé de développement associatif), les projets d'emploi de ses étudiants, les premiers emplois de ses diplômés.
Troisième ambition : développer les partenariats de la licence : projets collectifs, stages, contrats d'apprentissage, formation continue, offres d'emploi...

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11 janvier 2006 3 11 /01 /janvier /2006 20:31
L'avant-projet de loi de Programme pour la Recherche est disponible :
http://www.pactepourlarecherche.fr/
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9 janvier 2006 1 09 /01 /janvier /2006 23:00

Quand le Journal Officiel montre le chemin…

 

par Philippe Naszályi,

Directeur de la publication et de la rédaction.

 

 

 

Il paraîtra peut-être étonnant, à l'orée de ce dossier sur la « stratégie de la gouvernance » dans les entreprises, de s’arrêter sur un des fleurons du secteur public à la française qu’est le Journal Officiel (le JO)[1].

Incarnation du pouvoir de l’Etat, de ses lois et règlements, la Direction des Journaux Officiels, dotée d’un budget annexe voté chaque année par le Parlement, et la SACIJO[2] créée en même temps qu’était instaurée la liberté de la presse en France[3], sont devenues, en quelques années, un modèle de novations sociales et de management responsable.

Près de 1 000 salariés (non fonctionnaires) constituent le personnel de ces deux entreprises de service et d’intérêt général et de missions éminemment publiques[4].

Y développer l’apprentissage, comme cela se fait déjà dans quelques entreprises privées et, bien sûr dans le commerce et l’artisanat, était un pari raisonné et intelligent.

Pari d’abord, parce que, malgré l’évidence, les Elus de tous bords, les gestionnaires publics de tous niveaux rechignent – et c’est pitié – à ouvrir les innombrables métiers possibles dans la fonction publique à des jeunes en formation par le biais de l’alternance.

Les lenteurs, les blocages, la mauvaise volonté, viennent au secours de la lâcheté des hommes de gouvernement, qui préfèrent subventionner à profusion des emplois « parking » associatifs ou autres, des formations elles aussi « parking », que la réforme telle qu’elle a été menée jusque là du LMD[5] , ne fait que ravaler comme le « sépulcre blanchi » des Ecritures, mais surtout sauvegarder pour le plus grand profit des différents professionnels de la formation de tout acabit mais nantis.

C’est le « Tartuffe aux affaires[6] » qui s’est ainsi prolongé.

Pari raisonné et intelligent ensuite, sous l’inspiration et grâce à la ténacité constructive de l’un de ses sous-directeurs[7] rompu en la matière, qui a imaginé que l’on pouvait faire cohabiter dans une institution aussi riche en emplois différents que le JO, des apprentissages variés. Du CAP de restauration au diplôme d’Ingénieur des systèmes d’information en passant par des BTS variés, le JO offre une palette impressionnante de métiers tout en privilégiant, comme il se doit, son métier cible, la publication de données avec son indispensable adaptation aux techniques de pointe actuelles et en devenir.

C’est la parfaite compréhension des enjeux de l’apprentissage qui ne peut être cantonnée, comme beaucoup se l’imaginent encore, dans des métiers traditionnels et de niveau faible de diplôme, mais bien, à l’instar de nos voisins allemands[8] au cœur même de l’enseignement supérieur et professionnel hautement qualifié.

Gageons que malgré le peu d’empressement de la Presse à valoriser ce modèle, il puisse inspirer enfin le secteur public français sous toutes ses formes, lui qui manque si cruellement de vision prospective dans le domaine du recrutement et de la formation. Car le développement de l’apprentissage constitue toujours une « bataille » qu’il faut mener, comme le prix Nobel Pierre-Gilles de Gennes le conseille vivement[9].

Mais, loin de s’arrêter en si bonne voie, le JO est devenu également un modèle pour la formation de son personnel, en particulier dans l’application du Droit Individuel à la Formation (DIF). Peut-être parce que c'est sous ses « presses » que le premier exemplaire de la loi qui institue ce droit novateur[10] est apparu, que le JO a ouvert depuis le 1er janvier 2005, avant même que la loi ne le rende obligatoire, le DIF à ses salariés.

Rappelons que la loi prévoit un crédit de formation de 20 heures par année, cumulables sur six ans pour atteindre un maximum de 120 heures. Au JO, les salariés peuvent bénéficier par anticipation, dès la première année, d’une enveloppe de 60 heures de formation. L’entreprise a elle-même défini les actions prioritaires suivantes : techniques de communication, langues, développement personnel, cours par correspondance, préparation à la retraite et culture générale. Ces dispositions ont fait l’objet d’un accord signé mi-février 2005 avec les partenaires sociaux.

Il est encore trop tôt, contrairement à la mise en place de l’apprentissage, pour tirer un premier enseignement de cette action[11].

Notons encore que pour s’assurer du bon relais de l’information à propos du DIF à l’ensemble de l’entreprise, une session de formation a été dispensée dès septembre 2004 à tous les chefs de service et à tous les membres de la Commission paritaire de formation professionnelle. Les cadres intermédiaires chargés de l’application du nouveau dispositif ont été formés à leur tour au début de l’année.

N’est-ce pas cela aussi mettre en place une politique responsable ou tout simplement : « une stratégie de la gouvernance » ?



([2]) SACIJO, Société anonyme de composition et d’impression des Journaux officiels, fondée en 1881.

([3]) Loi du 28 juillet 1881.

([4]) Les missions des Journaux officiels :

la Direction des Journaux officiels est chargée de l’édition et de la diffusion des textes législatifs et des principaux textes réglementaires, de leur organisation en banque de données et de l’édition de débats parlementaires et annonces légales sur support papier et numérique.

([5]) LMD : abréviation pour Licence, Mastère, Doctorat, c'est-à-dire, l’application de la réforme européenne des accords de Bologne dans la France du « post-bac ».

([6]) Kaltenbach, Pierre Patrick, Tartuffe aux affaires, génération morale et honneur politique – 1980-2000- Les éditions de Paris, 2001.

([7]) Patrick Butor a été nommé depuis avril 2005, Directeur de la Population et des Migrations au Ministère de l'emploi, du travail et de la cohésion sociale.

([8]) Hugonnier René, « Quand nous savons mieux que les Allemands former des apprentis » Direction et gestion des entreprises, page 9, n° 134, 1992.

([9]) Cambon Christian et Butor Patrick « la bataille de l’apprentissage » : une réponse au chômage des jeunes « préface de Pierre-Gilles de Gennes, Prix Nobel de physique, Descartes et cie, Paris 1993.

([10]) Loi n° 204-391 du 4 mai 2004 relative à la formation professionnelle tout au long de la vie et au dialogue social

([11]) Pour tout complément d’information ; Sacha Lauzanne : téléphone : + 33 (0)1 40 58 75 04 ; télécopie + 33 (0)1 45 78 99 39 ; courriel : sacha.lauzanne@journal-officiel.gouv.fr

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8 janvier 2006 7 08 /01 /janvier /2006 23:00

40 ans…

 

 

par Philippe Naszályi,

Directeur de la rédaction et de la publication

 

 

Vous avez dit : « responsable… »

 

Nous avons choisi de consacrer ce 1er numéro de la 40e année à l’éthique de la responsabilité…

 

Le « management responsable » doit être étudié, analysé, mis en pratique, … avec tout ce qui caractérise nos propres conceptions de l’entreprise et de la société que nous vivons mais aussi que nous voulons.

 

Cela ne peut, cela ne doit pas être d’abord une pâle copie de ce que l’on pratique Outre Atlantique voire Outre Manche.

 

Non que ces méthodes soient condamnables en soi, mais bien parce qu’à la suite de Montesquieu, Aristote, Hippocrate, … nous pensons qu’il existe réellement une théorie des climats, (1) que Max Weber a admirablement, et, à mon sens, fort bien décrite ce qui fait la particularité du capitalisme anglo-saxon (2) qui malgré tous les « thuriféraires de la décadence » n’est pas le nôtre !

 

Ce n’est pas critiquer les Américains, et l’actualité très récente le montre bien, que de considérer que le proverbe « right or wrong, my country » (3) continue d’avoir un sens pour eux, alors qu’il est incompréhensible pour un Français. C’est ce que l’on appelle tout simplement le management interculturel dans la lignée de Geert Hofstede. (4)

 

Les codes éthiques d’Enron, de Wordcom, les arrangements financiers de la justice californienne dans la fâcheuse affaire du Crédit lyonnais et consorts sont là pour nous rappeler que justice, éthique, morale n’ont pas tout à fait le même sens des deux côtés de l’Atlantique !

 

Bon nombre de notations éthiques pour les « investissements responsables » qui y sont pratiquées, encore que la mode (c'est-à-dire le manque d’idées) nous  les apporte de plus en plus, n’ont normalement aucun sens pour nous : alcool, tabac, violence, sexe, …Ces notations, ces engagements sont souvent là pour satisfaire aux relations publiques et au marketing des groupes de pression internes plus qu’à un engagement réel des sociétés…

 

Il y a même souvent duplicité, tromperie, à mettre en place des politiques industrielles et commerciales qui ne visent qu’à contenter les puissants du moment, avec un management en fait totalement, « irresponsable » à moyen ou long terme. Cette pratique a déjà ses émules en France, depuis quelques années, aussi bien dans certaines grandes entreprises privées que dans le management directorial de certaines entreprises publiques ou semi publiques… les télécommunications naguère, les chemins de fer aujourd’hui. L’utilisation du  mot éthique dans les affaires, la pseudo recherche de satisfaction des « usagers/clients » masquent l’absence totale et réelle de morale de certains dirigeants qui sacrifient de très belles entreprises à leurs soucis carriéristes.

 

Ce n’est évidemment pas cela que nous appelons le Management responsable et qui constitue un très complet et copieux dossier de ce numéro double qui ouvre cette année anniversaire.

 

Ce dossier est le fruit d’une collaboration étroite entre notre rédaction et les organisateurs d’un colloque sur ce thème en 2004, à Lyon, l’ESDES.

 

Comme le souligne Philippe de Woot dans un ouvrage récent et remarquable : « en matière d’éthique, l’évolution culturelle consiste à développer celle-ci comme une pensée qui imprègne les différents niveaux de l’entreprise et chacune de ses fonctions : finance, marketing, recherche, etc. » (5)

 

Dans cet esprit, nous avons sélectionné les meilleures contributions à ce Colloque et notre Comité scientifique de Lecture a effectué, comme à chaque fois, le choix final pour ne retenir que les articles que nous présentons ici.

 

La Revue de recherche… libre :

 

Permettez-moi de saluer ceux qui contribuent à faire de notre revue à la fois la référence académique dans la recherche managériale, mais aussi à préserver son indépendance.

 

Qu’il me soit permis un mot particulier pour le Professeur Pierre Lassègue alors professeur à la faculté de Droit de Paris et Directeur de l’Institut d’administration des entreprises qui faisait parti du comité de patronage du premier numéro. Devenu depuis professeur émérite à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne, il est à l’heure actuelle toujours  un éminent  et efficace membre du Comité Scientifique de Lecture présidé par Alexandre Baetche, lui aussi professeur à la Sorbonne, et qui ne compte jamais son temps et son action de directeur et d’âme du comité.  Il n’est pas possible de citer tous ceux qui furent du comité de patronage de la revue :

 Universitaires, comme le Doyen Georges Vedel, le professeur Pierre Tabatoni de l’Université de Paris IX Dauphine, aujourd’hui membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, Jacques Lesourne qui présida ensuite aux destinées de notre confrère Le Monde ;

 

Grands commis de l’Etat, comme  Pierre Massé, Commissaire au Plan, François Bloch- Lainé qui présida aussi aux destinées du Crédit lyonnais ou François Xavier Ortoli, qui fut également Ministre des Finances mais également président de la Commission européenne ou Olivier Giscard d’Estaing qui dirigea aussi le comité de perfectionnement de l’INSEAD ;

 

Grands patrons, comme Paul Huvelin, président du CNPF, Arnaud de Vogüe, Président de Saint-Gobain ; Gérard Chevalier, PDg de Cybel, mais aussi, et on leur réservera une attention particulière, Marcel Boiteux qui présida aux destinées d’EDF GDF après Pierre Massé, mais  avant, Pierre Gadonneix qui s’occupait alors de la rubrique stratégie et structure de la revue et qui est devenu depuis président de GDF puis d’EDF...

 

Syndicalistes, comme G. Nasse  Secrétaire Général de la Confédération Générale des Cadres

 

Comme toutes les énumérations, celle-ci n’échappera pas à la règle des oublis que l’on ne me pardonnera pas… Citons pourtant encore parmi les membres du comité de patronage ou du comité de rédaction : Michel Fitoussi, chargé des modèles économiques et dont on connaît la carrière…, Jean Bénassy, ingénieur général, qui avait en charge les questions de production et dont on retrouve des papiers recherche très récents, Henri Moingeon qui dirige la recherche à HEC…

 

Rappelons bien que direction et gestion des entreprises est  née, en mars 1965,  de la volonté de Roger Labourier et de l’Institut de Contrôle de Gestion (ICG), devenu Institut Français de Gestion (IFG) et qu’elle a conquis son indépendance complète, depuis 1985, grâce à son rédacteur en chef d’alors, Jean-Pierre Gravier.

 

Nous n’appartenons de près ou de loin à aucun groupe financier, à aucun groupe d’entreprises, à aucune académie, aucune association, aucune  fondation…

 

Nous n’avons aucune dépendance d’aucune école, université, groupe de pression ou coterie …

En un mot, et pour paraphraser le plus grand des Français du siècle dernier, nous n’appartenons à personne car nous appartenons à tous,

 

… c'est-à-dire à  la Recherche managériale, riche, diversifiée, ouverte aussi bien aux  jeunes chercheurs qu’aux plus reconnus, aux hommes d’entreprise pour que la revue puisse « offrir à l’ensemble des Cadres de Direction, une publication qui fasse une synthèse utile également au spécialiste » comme Roger Labourier l’écrivait en 1965 (6) avec les obligations et les contrôles d’une véritable société de presse que nous sommes depuis l’origine.

 

Comme Michel Berry l’écrit,  nous appartenons à ceux qui «  en France et à l'étranger… pensent qu'il y a des voies fécondes en dehors du mainstream américain. » (7)

 

Généraliste, mais toujours référence dans chacun des domaines traités, la revue s’est étoffée, internationalisée. Elle est devenue la référence francophone dans tous les domaines de la recherche et de la pratique managériales, tant pour les entreprises que pour les organisations au sens le plus vaste.

 

C’est sur le site de recherche universitaire et américain www.proquest.com de Abbi inform que nous comprenons toute la responsabilité  internationale qui est la nôtre.

 

C’est pour rendre cette action et cette présence internationales plus lisibles que nous sommes devenus La RSG, La Revue des Sciences de Gestion, en conservant bien entendu notre titre originel, direction et gestion des entreprises.

 

Publier la recherche managériale en français, c'est-à-dire les travaux de chercheurs qui pensent que la culture francophone et européenne a un sens, quel que soit le pays auxquels ils appartiennent ou dans lequel ils travaillent sont une vaste et difficile mission.

 

La gestion : instrument au service de la domination géopolitique.

 

Le mot n’est pas trop fort en effet, puisque, comme le montre si bien notre confrère Michel Berry, qui s’opposait à juste titre au classement surprenant et dénué de bon sens des revues, fait par une commission Théodule  du CNRS  faisant la part belle aux revues américaines et plaçant en 4e catégorie, les revues françaises pour autant qu’elles étaient nommées !

 

Citons encore,  le directeur de Gérer et Comprendre : « Comme beaucoup, j'ai été abasourdi par le classement des revues d'économie et de gestion publié récemment par la commission 37 du CNRS : comment peut-on à ce point nier l'identité du CNRS et est-ce vraiment le moment de s'aligner, en gestion, sur les nonnes dominantes américaines, alors même qu'elles sont l'objet de remises en cause aux USA ? » (8)

 

Comme nous ne recevons pas de subventions de ce comité, d’ailleurs composé essentiellement de personnes qui ne font pas de gestion… notre revue n’est jamais classée…

 

Avec humour, ces doctes apôtres de la recherche publique se  retrouvent aux côtés de Libéraux de tout bord qui ont déjà admis, selon les mots de Léon Bloy, l’auteur impérissable du « Salut par les Juifs » (9)  que leur adversaire a raison et qu’il vaut mieux passer avec armes et bagages à l’anglo américain et à ses pratiques entrepreneuriales. (10)

 

Sans aller jusqu’à lancer l’anathème, rappelons-nous ce qu’écrivait déjà en 1927 Julien Benda ; « La loi du clerc est, quand l’univers entier s’agenouille devant l’injuste devenu maître du monde, de rester debout et de lui opposer la conscience humaine. » (11)

« Le parti de l’Etranger » n’est jamais vraiment mort…

 

Que dire des gouvernements successifs : Qui du Ministère de la Culture et de la Communication arc-bouté sur les « arts » ou le  Ministère de la Recherche, plus archaïque encore dans son positivisme scientiste, ne comprend pas que « Les Etats-Unis consolident leur domination à travers le savoir en science managériale », comme le rappelle si bien Jean-Claude Thoening qui ajoute : «  De même que leurs normes comptables s’imposent à tous les pays, la formation en gestion devient géopolitique. » (12)

 

Il existe bien une idéologie gestionnaire telle que la décrit pour la stigmatiser Vincent de Gauléjac  dans un très récent et très roboratif ouvrage. (13)

 

Sans partager toutes ses convictions, il faut être conscient que, dans une économie mondialisée, la recherche managériale est bien un enjeu de domination  et que la première chose offerte par George W. Bush aux Irakiens consiste en  des bourses d’études en gestion aux Etats-Unis. (14)

 

Comme le rappelle encore Jean-Claude Thoenig : «  ce sont les rentes académiques (qui) induisent des rentes financières. » (15)

 

La Recherche en gestion : outil de management interculturel

 

Plus pragmatiquement, nous relevons ce que  souligne avec justesse Richard D. Lewis, « la question vitale est de savoir comment l’esprit est culturellement conditionné… » (16) aussi  pensons-nous que le management interculturel signifie d’abord qu’il existe une coexistence des cultures, y compris dans celui de la gestion des entreprises.

 

La langue est à l’évidence un des éléments déterminants, il est donc indispensable, que promoteur d’une pensée managériale euro-méditerranéenne, La Revue des Sciences de Gestion, bien que fondamentalement et intrinsèquement  francophone, cherche à développer son audience auprès de publics toujours plus variés et souvent non francophones.

 

A partir de ce numéro, les articles sélectionnés et publiés seront précédés, non seulement de résumés en anglais comme cela était le cas depuis fort longtemps, mais également dans la langue de Cervantès dont nous célébrons cette année aussi l’anniversaire.

 

Bâtir la recherche managériale euro méditerranéenne, non pas contre les autres cultures mais à côté et en collaboration avec elles, en particulier l’anglo américaine, tout en demeurant certains de son droit à l’existence propre, originale  et autonome, est notre but depuis 1965.

 

Faire commencer cette année anniversaire par un dossier sur le management responsable  et ses implications, voilà qui me conduit à  laisser conclure Julien Benda : « il existe des hommes qui veulent unir les peuples, des hommes qui pensent à "faire l'Europe". Je ne m'adresse pas à tous. Parmi ces hommes certains cherchent ce que l'Europe devra faire pour exister dans l'ordre politique, d'autres dans l'ordre économique, d'autres dans l'ordre juridique. Je n'ai point qualité pour retenir leur audience. D'autres pensent à la révolution qu'elle devra accomplir dans l'ordre intellectuel et moral. C'est à ceux-là que je parle. »

 

« Bien entendu, je ne viens pas nier les graves transformations économiques que l'Europe devra réaliser pour se faire. Je dis que ces transformations ne lui seront vraiment acquises, ne pourront être tenues pour stables que lorsqu'elles seront liées à un changement profond de sa moralité, de ses évaluations morales. »

 

(1) Hafid - Martin (Nicole) : Evolution et critique de la théorie des climats à travers le XVIIIe siècle en France. Du déterminisme géographique à la liberté politique. Acura di Paolo Quintili - quintili@lettere.uniroma2.it (2001).

 

(2) Weber (Max) : L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. Erfurt (1904-1905), traduction française, Gallimard (2003).

 

(3) cité par  Fèvre (Jean-Marie) : Manuel de gestion interculturel. Sarreguemines (2004).

 

(4) Hofstede (Geert) : Culture's Consequences, Comparing Values, Behaviors, Institutions, and Organizations Across Nations Newbury Park, CA: Sage Publications (1980) ; 2nd Edition; (2003)- édition renouvelée et enrichie de l’édition de 1980, Culture's Consequences : International differences in work-related values.

 

(5) Woot (Philippe de) : Responsabilité sociale de l’entreprise. Faut-il enchaîner Prométhée ? Economica, Paris (2005).

 

(6) Labourier (Roger) : Direction et gestion des entreprises. N°1, mars-avil 1965

 

(7) (8) Berry (Michel) : Classement des revues : le CNRS va-t-il perdre son âme ? Lettre ouverte au CNRS. (2003)

 

(9) Bloy (Léon) : Le Salut par les Juifs. Paris, Adrien Demay, 1892, iii-143 p. Édition nouvelle revue et corrigée par l’auteur, Paris, Victorion, 1906, vii-163 p.

 

(10)           voir la démission de Thomas Legrain,  PDg de Coach’ invest, de l’association des diplômés de l’ESSEC dont il était le vice-président.  A la suite de son article dans les Echos,  4 mars 2005 (Grandes écoles de gestion : oser le débat ! ).

 

(11)           Benda (Julien) : La  Trahison des clercs, Paris (1927). Julien Benda dénonce la capitulation des intellectuels français.

 

(12)           Thoenig (Jean-Claude) : Décider, gérer, réformer. Les voies de la gouvernance. Revue Sciences humaines, n° 44 (hors série), mars-avril-mai 2004.

 

(13)           Gauléjac (Vincent de) : La société malade de la gestion. Idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social. Seuil, Paris (2005).

 

(14)           Thoenig (Jean-Claude) : ibid.

 

(15)           Thoenig (Jean-Claude) : ibid.

 

(16)           Lewis  (Richard D.) When Cultures Collide : Managing Successfully Across Cultures; Published by Nicholas Brealey, Londres (1996) 2ème édition ( 2001).

 (17)           Benda (Julien) : Discours à la nation européenne. Gallimard, Paris (1933)

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8 janvier 2006 7 08 /01 /janvier /2006 00:52

Atelier de l'Association Internationale de Management Stratégique
Appel à communication

"Stratégies, Espaces et Territoires"

16 novembre 2006

Groupe Esc Rouen

Disponible ici

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6 décembre 2005 2 06 /12 /décembre /2005 00:31
Dès 1965, La Revue des Sciences de Gestion - direction et gestion des entreprises publie des articles de fond sur tous les domaines du management.
Voir à ce sujet l'historique...
Avant la mise en ligne prochaine du site internet, voici le blog de la rédaction.
Vous souhaitez nous interroger, n'hésitez pas...
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21 novembre 2005 1 21 /11 /novembre /2005 22:32

Editorial (pdf)
Télécharger tous les résumés (pdf)

>> Quand le Journal Officiel montre le chemin... (pdf)

Dossier : Stratégie de la gouvernance
>> Histoire et mémoire de la pensée stratégique
>> Changement stratégique et gouvernance
>> Le modèle de création de valeur « EVA-MVA »
>>
Cumul des fonctions dans les conseils d’administration
>>
Génération et transfert de connaissance
>> Approche culturelle des rapports entre Tunisiens et Occident
>> Mesure de la performance d’une alliance

Hors dossier

>> Prise de décision d’achat au sein du couple
>> L’attitude à l’égard d’Internet : la vente de disques

 


>>
Rubrique des livres (pdf)

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