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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 08:32

Les députés Karine Berger et Dominique Lefebvre viennent de remettre au Ministre de l’Economie et des Finances leur rapport intitulé « Dynamiser l’épargne financière pour financer l’investissement et la compétitivité ».

La profession bancaire va examiner ce texte. En première analyse, elle partage le constat des deux auteurs, à savoir que la France dispose d’une épargne financière abondante mais encore insuffisamment orientée vers le financement de l’investissement. Elle estime que certaines recommandations du rapport méritent d’être étudiées plus avant : c’est le cas notamment du fléchage d’une partie de l’assurance-vie vers le financement des entreprises, ainsi que le projet de mettre en place un PEA PME.

Toutefois, ces propositions ne devraient modifier qu’à la marge la réorientation de l’épargne pourtant nécessaire, notamment en faveur des actions, pour répondre aux enjeux imposés par la situation économique de notre pays. La FBF constate en particulier qu’une révision de la fiscalité de l’épargne dans le sens d’une plus grande incitation à l’investissement de long terme n’est pas proposée ; l’alignement de la taxation des revenus du capital sur celle des revenus du travail en vigueur depuis le début de l’année ne saurait favoriser le développement économique de notre pays.

Enfin, la FBF regrette que le rapport maintienne les avantages fiscaux et sociaux de l’épargne réglementée à court terme et favorise ainsi l’épargne liquide par la fiscalité. Comme les banques françaises l’ont souligné à de multiples reprises, le relèvement du plafond du Livret A dont les fonds centralisés à la CDC sortent du bilan des banques, est contreproductif pour l’économie française alors que la réglementation de Bâle 3 leur impose d’avoir davantage de dépôts pour continuer à faire du crédit à leurs clients. Les mesures préconisées dans ce rapport n’aideront donc pas les banques à financer l’économie française et à retrouver le chemin de la croissance.

http://1.bp.blogspot.com/-51Fv4z9A55Q/T_cKQGJBEiI/AAAAAAAAAE8/32vU84UCdJg/s1600/FBF.jpg

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Published by La redaction de LaRSG - dans Politique économique
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 07:40

Programme de la prochaine journée d’étude « Histoire Entreprises Gestion » qui sera consacrée à la fiscalité des entreprises.

Inscription à retourner à Nicolas Praquin

La fiscalité des entreprises
7 juin 2013
Université de Paris-Sud (IUT de Sceaux) – PESOR

9h30 – 10h00 Accueil :
Florence Durieux, Directrice du Laboratoire du Pesor
Jean-Gilles M’Bianga, Directeur de l’IUT de Sceaux

10h00 - 10h15 Introduction, Nicolas Praquin, Université de Paris-Sud (Pesor) 

Session 1. 10h-11h30 L’administration fiscale et ses détracteurs
Présidence : Henri Zimnovitch
Cédric Perrin (IDHE), La fiscalité des artisans au XXe siècle. Enjeux économiques et politiques
Jean-Luc Rossignol (université de Franche-Comté), Pamphlets contre le système fiscal et dénonciation des mœurs fiscalo-comptables des années 1950 

11h30-11h45 Pause-café

Session 2. 11h45-13h15 Causes, effets et conséquences des réformes fiscales
Présidence : Yannick Lemarchand
Annie Loeser (EHESS-Ecole d’Economie de Paris), Les stratégies d’optimisation, d’évasion et de fraude en matière d’impôt sur les bénéfices industriels et commerciaux et de taxe sur le chiffre d’affaires : impact sur le rendement de l’impôt et réaction des administrations fiscales (1917-1939)
Jacques Petitier (université de Nanterre), La fiscalité des transmissions patrimoniales à l'épreuve de l'entreprise : une délégitimation du contrôle fiscal au milieu des années 1980 

13h15 - 14h30 Déjeuner

Session 3. 14h30 - 16h45 Capitalisme et mondialisation
Présidence : Michel Margairaz
Catherine Omnès (Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines), Les stratégies financières du capitalisme sont-elles dictées par la fiscalité ?
Pierre Mounier-Kuhn (Université Paris-Sorbonne), Investisseurs, start-up et multinationales dans les années noires : les archives d’un dirigeant financier en 1932-1948 

Conclusion
16h45-17h00 Conclusions de la journée, Didier Bensadon 

Comité d’Organisation
Didier Bensadon, Université Paris-Dauphine
Nicolas Praquin, Université Paris-Sud – IUT de Sceaux
Béatrice Touchelay, Université Lille Nord de France (Lille 3)
Philippe Verheyde, Université Paris VIII-Saint Denis

____________________________________________________________________

Bulletin d’inscription

La journée est gratuite. Néanmoins, pour des raisons logistiques, il est indispensable que vous vous inscriviez à cette journée si vous souhaitez y participer.

Nous vous remercions de nous retourner ce bulletin d’inscription avant le 1er mai 2013 à l’adresse suivante : nicolas.praquin@u-psud.fr

NOM :

Prénom :

Adresse mail :

Affiliation (Université, Ecole, etc.) :

Laboratoire de recherche :

Statut : Etudiant – Doctorant – Enseignant du 2nd Degré – Enseignant-Chercheur

(biffer les mentions inutiles)

Tél. portable :

Souhaite participer au déjeuner : oui non (biffer les mentions inutiles)

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Published by La redaction de LaRSG - dans Conférences
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 08:29

CONVENTION DU 28 MARS 2013
« Quelles formations pour l’emploi »

Suite à la convention du labo des idées jeudi 28 mars 2013, Valérie Pécresse a formulé 14 propositions pour moderniser et réformer notre système de formation professionnelle. Ces propositions sont organisées selon trois axes : remettre à plat le système de formation professionnelle pour le rendre plus juste et plus efficace, clarifier le pilotage de la formation professionnelle et professionnaliser les parcours de formation de tous nos jeunes, du collège à l’enseignement supérieur. Voici ces propositions.

Notre système de formation est figé et inadapté : la professionnalisation des jeunes diplômés est insuffisante et la formation professionnelle répond mal aux exigences de la reconversion ou de la reprise d’emploi auxquelles sont confrontés beaucoup de nos concitoyens. Les formations doivent être tendues vers l’emploi, s’adapter aux évolutions d’un marché changeant.

PREMIÈRE EXIGENCE : REMETTRE À PLAT LE SYSTÈME DE FORMATION PROFESSIONNELLE POUR LE RENDRE PLUS JUSTE ET PLUS EFFICACE

Les sommes considérables injectées chaque année dans le système de formation professionnelle (au total 32 milliards d’euros en 2009, soit environ 1,5% du PIB de la France) ne profitent pas à ceux qui en ont le plus besoin. Elles profitent avant tout aux salariés des grandes entreprises(1), aux personnes en contrat indéterminé et aux plus qualifiés(2). La formation professionnelle ne joue donc pas son rôle de promotion sociale et d’aide au retour à l’emploi dans notre pays.

En 2008, les sommes gérées par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) atteignaient 6,2 milliards d’euros, soit près de la moitié du financement de la formation professionnelle des entreprises privées.

Ces fonds sont utilisés par des organismes de formation plus ou moins efficaces tandis que leur collecte permet au passage d’abonder le financement des syndicats, ce qui nuit à la lisibilité et à la cohérence de ces politiques. Remettre à plat ce système pour le rendre plus juste, plus efficace et plus transparent est aujourd’hui essentiel, avec un objectif clair : obtenir un système plus simple, mieux évalué, exclusivement consacré aux salariés et aux demandeurs d’emploi. Un système dans lequel les entreprises ne seraient plus obligées de former ou de payer mais formeraient en fonction de leurs besoins, des demandes de leur salariés et en bénéficiant d’allègement de charges.

Simplifier et accélérer la formation, cela veut dire :

1. Subventionner la formation professionnelle grâce à un crédit d’impôt formation

Dans le système français, les entreprises privées sont obligées de « former ou payer » : chaque entreprise doit ainsi dépenser chaque année une fraction de sa masse salariale appelée « obligation légale »(3) dans des actions de formation professionnelle. Si elle ne le fait pas, elle doit acquitter une taxe.

Ainsi, les entreprises de plus de 20 salariés doivent contribuer à la formation professionnelle pour 1,6% de leur masse salariale réparti comme suit : 

--‐ 0,5% pour le financement des priorités définies par la branche ou l’interprofessionnel (professionnalisation, Droit Individuel à la Formation prioritaire etc.)

--‐ 0,2% pour le financement du congé individuel de formation (CIF), du congé de bilan de compétences et du congé validation des acquis de l’expérience.

--‐ 0,9% pour financer les actions au titre du plan de formation.

Aujourd’hui, rien n’oblige les entreprises à cibler leurs dépenses de formations sur les plus fragiles. Or cela représente in fine un coût pour la collectivité. En effet, la formation professionnelle constitue une protection efficace contre le chômage : la probabilité de retrouver un emploi augmente avec le temps passé en formation dans les années précédentes(4). Un faible accès à la formation professionnelle pour les publics les plus fragilisés signifie donc des versements d’assurance chômage ultérieurs plus importants en cas de perte d’emploi.

Les obligations légales telles que le DIF, en obligeant toutes les entreprises à fournir de façon indifférenciée une formation courte à tous les salariés, sont des stratégies vouées à l’échec pour ceux qui ont véritablement besoin de se former.

Nous proposons donc de réorienter une partie de ces dépenses des entreprises vers ceux qui en ont le plus besoin en réformant ce système de « former ou payer » grâce à un crédit d’impôt formation.

La modification de cette obligation légale permettra de ne plus arroser de manière artificielle le marché des organismes de formation ; elle garantira le soutien aux publics fragilisés et aux entreprises qui forment. Concrètement, il s’agit de remplacer le taux de 0,9% de financement des actions au titre du plan formation, dont une part aujourd’hui nourrit le paritarisme et des organismes plus ou moins sérieux, par une cotisation de 0,5%, répartie comme suit :

--‐ 0,3% pour financer la formation des moins qualifiés (demandeurs d’emploi, publics fragiles, en reconversion)

--‐ 0,2% au titre du plan de formation de l’entreprise en privilégiant le Congé Individuel de Formation par rapport au Droit Individuel à la Formation.

La cotisation sociale dédiée à la formation professionnelle doit être collectée, comme les autres cotisations sociales, par un seul opérateur, les URSSAF, ce qui permettrait une plus grande simplicité du système et d’importantes économies d’échelles.

Les OPCA (Organismes paritaires collecteurs agréés) se verront alors confier une mission d’accompagnement des entreprises dans la gestion de leurs besoins en formation. Ils seront alors transformés en OPGA (Organismes paritaires de gestion agréés).

2. Proposer aux entreprises qui recruteraient des chômeurs un « crédit d’impôt de retour à l’emploi », modulable en fonction de la distance à l’emploi

Ce crédit d’impôt serait ainsi d’autant plus élevé que les demandeurs d’emploi seraient éloignés de l’emploi et varierait entre 15% et 40% du coût de la formation.

Notre objectif est de passer d’un système de formation professionnelle mal piloté à un soutien aux entreprises, à leurs salariés et aux chômeurs dans la construction de parcours de formation professionnelle.

DEUXIÈME EXIGENCE : CLARIFIER LE PILOTAGE DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE

Aujourd’hui, une multitude d’acteurs intervient dans la gestion de la formation professionnelle (État, régions, branches professionnelles, Pôle Emploi) avec une efficacité largement contestée et trop rarement évaluée.

Pour les entreprises comme pour les salariés, l’accès à la formation est complexe, l’adéquation entre l’offre et le besoin n’est pas toujours au rendez-vous, Pôle emploi est débordé, le partage des compétences entre l’Etat et la région reste flou. Tout cela manque de transparence.

Nous proposons de :

3. Evaluer notre système de formation professionnelle, que personne ne contrôle aujourd’hui, par une agence indépendante

En 2008, on comptait 58 450 prestataires de formations en France pour un chiffre d’affaires de 11,3 milliards d’euros, soit 9,5% de plus qu’en 2007. Ces organismes et les formations qu’ils proposent ne font l’objet d’aucune évaluation, ce qui transforme la recherche d’une formation de qualité en véritable parcours du combattant.

A l’inverse, nos voisins européens ont pour la plupart mis en oeuvre des agences indépendantes chargées d’évaluer et de certifier les prestataires de formation professionnelle :

--‐ Le Danemark a créé en 1999 un Institut d’évaluation pour l’ensemble de son secteur éducatif incluant également la formation professionnelle.

--‐ L’Allemagne impose aux prestataires de formation de faire agréer leur programme par l’État. L’Office fédéral du travail a mis en place des normes de garantie de qualité très strictes, comparables à la norme ISO 9001.

--‐ Le Royaume-Uni, par l’intermédiaire de l’Ofsted (Office for Standards in Education, Children’s Services and Skills) contrôle l’utilisation des fonds publics dans l’éducation et la formation : des inspections d’environ une semaine sont organisées pour analyser la qualité des formations offertes par les différents prestataires du marché grâce à un réseau de centaines d’inspecteurs. Les résultats de ces évaluations sont ensuite rendus publics sur le site internet de l’Ofsted.(5)

La France doit également se doter d’un système d’évaluation pour assurer à chacun le droit à une formation de qualité. Cela pourrait être une des missions de l’agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES).

4. Donner à une institution d’expertise telle que le Conseil d’analyse stratégique, en lien avec Pôle emploi, la mission d’assurer la prospective des métiers (avec les universitaires, les partenaires sociaux, les entreprises) et l’adéquation de l’ouverture des nouvelles formations aux futurs besoins

Selon l’enquête « Besoins en main d’œuvre  2012 »6 de Pôle Emploi, sur les 27 régions françaises, il y a près de 1,6 million de projets de recrutement, 600 000 dans les secteurs de la vente, du tourisme et des services, 200 000 dans le social et médico-social, 80 000 dans le BTP sur des postes d’ouvriers, et… près de 250 000 offres d’emploi non pourvues, faute pour les entreprises de trouver les compétences adéquates.

Orienter les demandeurs d’emploi vers les métiers en tension est un enjeu majeur. Il faut :

--‐ Assurer une réelle gouvernance de la formation professionnelle en fonction des besoins en main d’œuvre

--‐ Coordonner la collecte et le recensement des informations sur l’ensemble des branches, avec un focus particulier sur les métiers en tension

--‐ Garantir le fléchage des formations sur les métiers qui recrutent

5. Créer des Pôles Régionaux pour l’emploi (services déconcentrés de Pôle emploi) au plus près des

besoins des territoires

Ces pôles régionaux assumeraient le service de proximité dans toutes les missions dévolues à Pôle Emploi et seraient les plateformes uniques des différents opérateurs de formation.

Le niveau national de Pôle Emploi ne conserverait que les missions stratégiques de coordination et de prospective pour notamment identifier les marchés de l’emploi porteurs.

Ils chapeauteraient également, par souci de cohérence, les missions locales d’insertion, en s’inspirant du modèle britannique du guichet unique type « Connexion ». Ces agences « Connexion » permettent de mieux coordonner l’action des différents services en charge de l’orientation, de l’insertion professionnelle et de l’action sociale en faveur des jeunes avec un objectif clair : améliorer le suivi des jeunes en difficulté et leur permettre d’acquérir progressivement une qualification, en vue de faciliter leur insertion professionnelle.

6. Créer dans l’ensemble des régions des points labellisés de service public d'orientation tout au long de la vie

C’est ce que prévoyait la loi de 2009 grâce à l'action de labellisation menée par le Délégué à l'information et l'orientation. Mais cette politique n’est aujourd'hui plus portée par le gouvernement.

Ces points d’orientation pour tous devraient en particulier regrouper l’ensemble des services aujourd’hui portés par les conseils régionaux (Centres d'animation, de ressources et d'information sur la formation – CARIF - et Observatoires régionaux emploi formation - OREF) et garantir aux demandeurs d’emploi un point d’accès unique à l’information.

TROISIÈME EXIGENCE : PROFESSIONNALISER LES PARCOURS DE FORMATION DE TOUS NOS JEUNES, DU COLLÈGE A L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

L’éducation nationale, comme l’enseignement supérieur, doivent assumer cette mission pleinement, sans complexe et sans tabou.

7. Pour ne perdre aucun jeune en route, créer un identifiant unique du collège jusqu'à l'insertion professionnelle, pour se donner les moyens de suivre tous les jeunes jusqu'à l'emploi

--‐ Cela permettra un suivi des apprentis aujourd’hui mal visibles

--‐ Cela permettra également d’identifier immédiatement les décrocheurs

8. Instaurer un quota d’ouverture de formations nouvelles en apprentissage (modulable selon la capacité du secteur d’emploi à l’absorber)

Le chômage touche aujourd’hui 1 jeune actif sur 4 en France. L’apprentissage a fait ses preuves pour insérer durablement les jeunes sur le marché du travail :

--‐ Parce qu’ils acquièrent une expérience professionnelle sur le terrain, les apprentis (et plus généralement les alternants) affichent des conditions d'insertion professionnelle plus avantageuses que les jeunes ayant obtenu leur diplôme par la voie classique. Dans une étude de 2010(7), le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) montre que les apprentis du secondaire ont un taux d’emploi 10 fois supérieur aux jeunes qui ont suivi une formation par la voie scolaire.

--‐ De manière générale, on considère que 8 apprentis sur 10 sont embauchés à l’issue de leur formation, par leur entreprise d’accueil ou par d’autres entreprises du secteur.

La loi oblige les entreprises de plus de 250 salariés à compter 4% d’apprentis dans leurs effectifs. Une pénalité financière est prévue en cas de manquement à cette obligation.

Nous proposons qu’en partenariat avec les régions, les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche soient soumis à une obligation de redéploiement des moyens au profit de l’apprentissage. Toutes les filières et niveaux de formation seraient concernés (CAP, Bacs, BTS, Licence pro, Masters) avec un principe clair : accepter de fermer une formation pour en ouvrir en apprentissage.

9. Rétablir l’apprentissage junior en maintenant l’obligation de scolarité à 16 ans et l’avantage des bourses comme mesure d’incitation forte à l’apprentissage

Contrairement à la loi Peillon sur la refondation de l’école qui vient de supprimer l’apprentissage à 14 ans, nous proposons de le rétablir car il constitue un outil efficace pour l’insertion professionnelle des jeunes.

Le collège unique doit évoluer vers la personnalisation des parcours pour s’adapter aux besoins d’élèves aux profils variés. L’Allemagne assume cet autre chemin sans renoncer à l’excellence de formation avec quatre fois plus d’apprentis que la France. Le taux de chômage des moins de 25 ans y est également trois fois inférieur à celui de la France (8,1% contre 27%).

La France doit s’en inspirer et aller plus loin dans le développement de l’apprentissage.

10. Faire de la voie professionnelle une filière d’excellence

Expérimentons l’autonomie des établissements dont notre système éducatif a tant besoin avec les lycées professionnels (et peut-être d’abord les lycées des métiers) qui sont des lieux où déjà se croisent les cultures académique et professionnelle, les publics scolaires et les publics adultes. Créons des sections professionnelles dans les lycées d’excellence, avec par exemple la création d’une section professionnelle dans des lycées comme Louis Le Grand.

11. Renforcer la lisibilité des formations professionnelles (CAP-BAC pro) en simplifiant la carte de l’offre aujourd’hui illisible

Aujourd’hui, il existe 215 spécialités de CAP et 88 spécialités de Bac Pro. Certains de ces groupes de spécialités regroupent moins de 100 élèves sur l‘ensemble de la France alors que d’autres rassemblent près de 15 000 élèves. Il faut rationaliser et simplifier cette offre.

12. Créer un statut de professeur associé dans les établissements scolaires (collège, lycées généraux) sur le modèle des contractuels qui interviennent dans les universités

Pour réduire la séparation aujourd’hui encore trop forte en France entre le monde de l’enseignement et celui de l’emploi, il faut permettre à des professionnels d’assumer des enseignements dans nos établissements scolaires. Cela permettrait d’informer les élèves sur les différents secteurs d’emploi, leurs débouchés, les possibilités de carrières et aider ainsi à l’orientation. Créer un nouveau statut de professeur associé est pour cela nécessaire.

13. Soumettre l’accréditation d'un diplôme national universitaire à l'existence d’un « semestre compétence » réalisé dans le monde professionnel

Ce semestre se déroulerait hors du cadre de l’université pour par exemple réaliser un stage en entreprise, un service civique, un séjour à l’étranger, un emploi étudiant ou encore un engagement associatif. Ce semestre permettrait à l’étudiant de valider des crédits ECTS et donc de compter comme un semestre reconnu par l’université. Il pourrait correspondre au semestre 6 de la licence.

14. Ouvrir la licence professionnelle aux étudiants des filières générales

Aujourd’hui les titulaires d’un Brevet de technicien supérieur (BTS) ou d’un Diplôme universitaire de technologie (DUT) constituent la quasi-totalité des inscrits en licence professionnelle. Or celle-ci a été créée pour accueillir également des étudiants issus de Licence 2 (L2) généralistes. Il faut l’ouvrir beaucoup plus largement à ces derniers – en particulier à ceux qui n’envisagent pas une poursuite d’étude en master et risquent de quitter l’enseignement supérieur avec une licence généraliste offrant peu de débouchés sur le marché de l’emploi – afin d’augmenter leurs chances d’insertion professionnelle.

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1. Rapport du Sénat « Formation professionnelle : le droit de savoir », 4 juillet 2007 : le taux annuel de formation dans les très petites entreprises est de 12%, contre plus de 40% pour l’ensemble des entreprises. L’effort moyen de formation par salarié représente 791 euros dans les entreprises de 10 salariés et plus contre 74 euros dans les entreprises de moins de 10 salariés.

2. INSTITUT MONTAIGNE – « Formation professionnelle: pour en finir avec les réformes inabouties », Octobre 2011, Pierre CAHUC, Marc FERRACCI, André ZYLBERBERG : en 2007, le taux d’accès à la formation professionnelle continue était de 23,4% pour les titulaires d’un CAP ou d’un BEP contre 44,3% pour les diplômés de l’enseignement supérieur.

3. 1,6% de la masse salariale pour les entreprises de plus de 20 salariés, 1,05% de 10 à 19 salariés, 0,55% pour les entreprises de moins de 10 salariés.

4. “Evaluation of the impact of training on individual labor market transitions”, Blasco, Crépon et Kamionka 2008, document de travail, Crest.

5. INSTITUT MONTAIGNE – « Formation professionnelle: pour en finir avec les réformes inabouties », Octobre 2011, Pierre CAHUC, Marc FERRACCI, André ZYLBERBERG

6. http://bmo.pole-emploi.org/files_dl/2012/rap_BMO_2012.pdf

7. Bref du Céreq n° 293-2, « Développer l'apprentissage ? Constats, limites et propositions », Christine Fournier, Michel Théry, Damien Brochier octobre 2011

http://www.lelabodesidees.fr/local/cache-vignettes/L419xH158_siteon0-06485.jpg

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Published by La redaction de LaRSG - dans Enseignement
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 08:01

Appel à communication pour un "FRESH meeting" (Frontier Research In Economic and Social History) qui se tiendra à l'Institut Universitaire Européen à Florence, le 6 décembre prochain, avec pour thème "la pratique de l'interdisciplinarité en histoire économique contemporaine".

“An Interdisciplinary Perspective on Modern Economic History”

Date and Venue: December 6, 2013 @ Sala Del Capitolo (Badia Fiesolana)
Hosting Institution: European University Institute (Department of History and Civilization)
Keynote Speaker: Giovanni Vecchi (University of Rome Tor Vergata and World Bank)
Local Organizers: Gabriele Cappelli, Alexis Frédéric Drach, Rémi Gilardin, Alfredo Mazzamauro
FRESH Organizers: Rowena Gray, Paul Sharp and Jacob Weisdorf

FRESH meetings are well known for enabling researchers in social and economic history to present early-stage and unpublished research to a friendly audience of peers. The Florence FRESH Meeting hosted by the European University Institute aims to bridge different perspectives on modern economic history. In particular, the workshop welcomes participants whose work is developed across disciplinary and departmental borders, in order to enhance on-going research and benefit from the exchange of ideas and criticisms that such a meeting is likely to foster.

Proposals from any field and branch of modern economic history (roughly from 1800 to the present day) are welcomed – as well as papers from other disciplines that are developed in a historical perspective. Accepted papers will receive 30 minutes each: 15 / 20 for presentation and 10 / 15 for discussion. Please note that the presentation time may vary according to the number of participants.

A participation fee of 70 Euros must be paid on acceptance of submission. The organizers will offer refreshments, lunch and dinner – but travel and hotel expenses must be covered by the participants themselves. Further information on bookings and how to get to the venue will be provided to the participants. For more information on the EUI please visit www.eui.eu.

How to Apply

Prospective speakers should send a one-page (500 words) abstract and a CV to Gabriele Cappelli (gabriele.cappelli@eui.eu) no later than July 7, 2013. Notification of acceptance will be given by the end of July 2013.

Would you like to organize a FRESH meeting?

FRESH meetings have no permanent venue but take place at any institution around the world where there is an interest in having the FRESH meeting. Hosting institutions will be asked to provide a venue, including electronic equipment, and lunch and dinner for the meeting participants (usually 10 – 15 persons). If you would like to organize a FRESH meeting at your institution, please contact the meeting organizers (contact details on the FRESH website:
www.sdu.dk/ivoe/fresh).

Would you like to keep updated on FRESH activities?

There are two ways to sign up for updates on our activities. You can either 'like' FRESH on our Facebook page (www.facebook.com/freshmeetings), or you can subscribe to eh.news at eh.net.

http://www.eui.eu/Projects/THINK/Images/logos/eui.png

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Published by La redaction de LaRSG - dans Appels à comm.
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 04:56

Le mercredi 24 avril, de 9 h 30 à 17 h 30, à l’université d’Evry, amphi 300, Bat Maupertuis, 23, Bd François Mitterrand :

«  Faut-il rembourser ou annuler la dette ? ». Colloque avec Eric Toussaint,Jean-Marie Harribey, Carlos Winograd, Michel Guillard et Daniel Bachet.

 

9h30
Ouverture par Philippe Houdy, Président de l’Université d’Evry-Val-d’Essonne (UEVE).
Présentation de la journée par Daniel Bachet, Professeur de sociologie, UEVE.
 

10h00
Eric Toussaint, Président du CADTM Belgique.
« Crise de la dette : la seule façon d’en sortir »
Animateur : Philippe Naszályi, Professeur, UEVE.
Echanges avec les participants.

14h00
Jean-Marie Harribey, Maître de Conférences en économie, Université Montesquieu, Bordeaux 4, ancien Président d’Attac (2006-2009) et co-président des Économistes atterrés.
« Crise de la dette ou dette de crise ? »
 

15h00
Carlos Winograd, Maître de Conférences, UEVE, Ancien Secrétaire d’Etat à la Concurrence et la Régulation (Argentine) et Ancien Responsable de la Coordination Macroéconomique (Argentine) au Mercosur.
« Dette souveraine, restructurations et défauts : Quelles leçons ? »
Echanges avec les participants
 

17h00
Conclusion de la journée : Michel Guillard, Professeur d’économie, UEVE et Daniel Bachet.

Jacques Simon| amd91.evry@gmail.com

 

Université d’Evry-Val-d’Essonne, 23 boulevard François Mitterrand 91025 Evry Cédex
www.univ-evry.fr 

http://www.nosquartiers-talents.com/sites/default/files/New%20Evry.jpg?1320005623

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Published by La redaction de LaRSG - dans Colloques
28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 22:13

Ministère des affaires sociales et de la santé

Ministère de l’economie et des finances

Ministère délégué chargé de l’économie sociale et solidaire et de la consommation

 

DIRECTION GÉNÉRALE

DE LA COHÉSION SOCIALE

 

Lieu du stage

Direction générale de la cohésion sociale

Sous-direction inclusion sociale, insertion et lutte contre la pauvreté

Bureau accès aux droits, insertion et économie sociale et solidaire

11, Place des Cinq Martyrs du Lycée Buffon

PARIS 14e

 

Type de fonction

Appui à la gestion et au suivi des missions Economie sociale et solidaire.

 

Période/Durée

La durée du stage est de 6 mois

 

Activité de la structure d’accueil

Au sein de la Sous-direction de l’inclusion sociale, de l’insertion et de la lutte contre la pauvreté, le bureau de l’Accès aux droits, de l’Insertion et de l’Economie Sociale et Solidaire :

-          conçoit, suit et évalue les programmes de prévention des risques d’exclusion, d’accès aux droits et d’insertion en direction des personnes en situation de précarité ou menacées de s’y trouver ;

-          veille à la prise en compte par les autres départements ministériels de l’accès effectif de tous aux droits fondamentaux, en particulier, en matière d’emploi, de logement, de protection et de santé, de justice, d’inclusion financière, de formation et de culture ;

-          participe aux travaux relatifs à la stratégie européenne d’inclusion sociale ainsi qu’aux orientations européennes relative à l’économie sociale et solidaire.

En collaboration étroite avec la mission innovation, expérimentation sociale et économie sociale, il est chargé de proposer et de coordonner les mesures destinées à favoriser le développement de l’économie sociale et solidaire en lien avec les autres départements ministériels concernés et l’ensemble des parties prenantes du secteur. Il participe à la réflexion de l’administration sur l’économie sociale et solidaire (coopératives, mutuelles, fondations et associations) et assure, à ce titre, le secrétariat du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS) et du Conseil supérieur de la Coopération. Il anime également le réseau des correspondants régionaux auprès des Préfets et assure la coordination avec les Chambres régionales de l’économie sociale.

 

Missions confiées

Appui aux activités suivantes :

  • Travaux d’analyse et d’étude sur les sujets transversaux relatifs à l’ESS
  • Suivi et appui aux développements de l’espace collaboratif ESS

Appui au Secrétariat Général du Conseil Supérieur de l’Economie Sociale et Solidaire : suivi des travaux des commissions, groupes de travail et du Bureau, préparation des fonds de dossiers

 

Compétences requises

Informatique : maîtrise des logiciels Word, Excel, Outlook et Power point

Langues : anglais nécessaire

Qualités recherchées : avoir l’esprit de synthèse, avoir le sens de l’organisation, une bonne capacité de rédaction, savoir travailler en équipe, être autonome et dynamique, curiosité, bonne capacité d’adaptation.

Expérience : une première expérience en lien avec les pouvoirs publics et/ou une expérience au sein d’une structure de l’économie sociale, et/ou, un travail universitaire dans le domaine de l’économie sociale et solidaire sont un plus.

 

Gratification

436, 04 euros / mois

 

Niveau et domaine de formation

Un niveau Bac+3 à Bac+5 en gestion, management, droit, sciences politiques… ainsi que des connaissances en économie sociale et solidaire

 

Contacts

Anne-Charlotte LELUC – Chargée de mission économie sociale et solidaire

01.40.56.62.15

anne-charlotte.leluc@social.gouv.fr  

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 22:00

L’École d’Économie d'Aix‐Marseille (AMSE) propose quatre allocations de recherche doctorale d'une durée d'un an à partir de septembre 2013 pour des étudiants inscrits en 4e année (de préférence) ou 5e année de thèse en économie en 2013‐2014 et à un stade très avancé de celle‐ci.
Le montant mensuel net est de 1650€.

Les dossiers de candidature doivent être envoyés à phd@amse-aixmarseille.fr avant le 3 mai 2013.
Voir le pdf attaché pour les détails de l'appel.

http://www.amse-aixmarseille.fr/sites/default/files/logo_0.gif

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 13:19

A l’occasion de la Semaine de l’industrie, le Ministère du Redressement productif et OSEO, future branche financement de la BPI (Banque Publique d’Investissement), ont décidé de remettre conjointement dans les 22 régions de France, un prix de l’innovation industrielle. Ce prix a mis à l’honneur les ingénieurs, les entrepreneurs inventifs, les créateurs, les ouvriers qualifiés capables d’imaginer de nouveaux produits, d’autres formes d’existence, de déchiffrer les nouveaux rapports au temps et à l’espace.

Ces 22 lauréats ont ensuite été départagés par la remise d’un prix national le 23 mars 2013, à Paris. Ce prix, remis par le Ministre du Redressement productif, Arnaud MONTEBOURG, lors d’une cérémonie organisée à l’IRCAM, a récompensé le groupe TLD, spécialiste et leader sur le marché des matériels aéroportuaires de piste. Ce groupe emploie plus de 1000 salariés, pour un chiffre d’affaire qui s’élève à 230 M d’euros, dont 90 % à l’export.

Sa filiale TLD Europe et son site de Montlouis-sur-Loire, représentés par le Directeur Général de TLD Group Antoine MAGUIN, ont particulièrement été mis à l’honneur : TLD va construire sa troisième usine Française à Sorigny, au sud de Tours ; sa mise en service est prévue au début de l’année mi 2014.

Ce nouveau site industriel va produire le « Taxibot », dernière innovation du groupe, un tracteur d’avions nouvelle génération qui leur permet de se positionner sur piste, moteurs éteints, et d’économiser jusqu’à 8% du carburant nécessaire au trajet.

Le projet Taxibot a remporté l’adhésion du jury, présidé par Mme Claudie HAIGNERE, car sa contribution à des économies substantielles de kérosène, sa dimension hautement technologique, son approche unique et innovante, s’inscrivent dans une démarche de Recherche et Développement pour un monde plus écologique.

Une nouvelle France industrielle se construit grâce à l’ingéniosité, l’inventivité de nos talents extraordinaires et l’accompagnement d’une banque publique au service de l’innovation.

http://www.puissance2d.fr/local/cache-vignettes/L139xH200/arton1202-2b4f8.jpg

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 11:39

IONIS Education Group et ses écoles EPITA, Epitech, ETNA, SUP'Internet et Web@cademie saluent l'initiative présentée par Xavier Niel, la formation 42.

Le domaine du numérique et des nouvelles technologies manque cruellement de nouveaux talents. IONIS Education Group s'inscrit dans cette problématique depuis près de 20 ans avec la reprise de l'EPITA en 1994, la création d'Epitech en 1999, la création de l'ETNA en 2004, la création avec ZUPdeCO de Web@cademie en 2010, la création de SUP'Internet en 2011 et l'annonce en février 2013 de la Prep'ETNA, formation post-bac en deux ans, gratuite et solidaire, ouverte à 250 jeunes sur critères académiques et sociaux.

L'initiative annoncée et son financement par le mécénat de Xavier Niel, confirme l'importance que les NTIC doivent prendre dans l'enseignement supérieur. Nous sommes heureux de constater que les principes fondamentaux de cette formation ont été créés et mis en place au sein de l'EPITA et d'Epitech depuis très longtemps et qu'ils sont repris dans ce projet, reconnaissance de la modernité pédagogique de nos écoles :

- la « piscine »,

- le campus ouvert 24h/24, 7j/7,

- la pédagogie innovante par projet,

- l'esprit d'entreprendre et d'innover avec les Epitech Innovative Projects, projets de fin d'études menant, en plus de la création d'innovation, à de nombreuses créations d'entreprise,

- l'enseignement « pair-à-pair » avec l'encadrement des étudiants par des étudiants,

- des espaces et des projets collaboratifs,

- recrutement sur des critères académiques mais surtout de personnalités avec le désir d'innover,

- des bourses et des systèmes de financement novateurs, dont la gratuité de certaines scolarités,

- des formations gratuites adaptées aux profils sortis du système (Web@cademie).


Pour Fabrice Bardèche, vice-président exécutif de IONIS Education Group

« Nous sommes ravis de découvrir cette belle initiative. Nous voulons ainsi rappeler que les innovations présentées sont en place dans nos écoles depuis de nombreuses années. Nous souhaitons une belle réussite à Nicolas Sadirac (EPITA promo 1992), Kwame Yamgnane (EPITA promo 2001) et Florian Bucher (Epitech promo 2006) dans cette aventure capitalistique qu'ils abordent avec le beau et solide bagage acquis dans nos écoles, en tant qu'étudiants puis cadres. »

 

www.ionis-group.com

 

http://blogs.ionis-group.com/iseg/ecoles-toulouse/media/new%20logo%20IONIS%20education%20Group.jpg

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 12:12

Vers une nouvelle régulation financière

Le Laboratoire d’Excellence Régulation Financière (Labex RéFi) a reçu le 28 février 2013 au centre Panthéon-Sorbonne, des experts du Cercle Turgot, afin de débattre sur la réforme des systèmes de régulation des marchés monétaire et financier. Le professeur Constantin Mellios a d’abord présenté le Labex RéFi, qui réunit des chercheurs de l’Université Paris I, de l’ESCP Europe, du CNAM et de l’ENA. Le Labex Réfi est un centre de recherche dédié à l’évaluation des politiques de régulation. Il vise à faire progresser la connaissance du fonctionnement des systèmes financiers et de leur régulation, à “conseiller” et à “guider” en toute indépendance l’action des pouvoirs publics dans la mise en œuvre des politiques de régulation en apportant une expertise académique. Puis le professeur Jean-Jacques Pluchart et Jean-Louis Chambon (président du Cercle Turgot), ont rappelé qu’à l’occasion du 25e anniversaire du prix Turgot du meilleur livre d’économie financière, le Cercle Turgot a publié son 4eouvrage intitulé « Grandeur et misère de la finance moderne », qui croise les regards de 45 personnalités sur la crise économique et financière actuelle, et notamment sur les dérèglements de l’euro-système. La manifestation a réuni des personnalités des milieux de la banque, de l’industrie et de l’université. Les interventions ont donné lieu à de nombreuses questions. 

Yves Doutriaux (Conseiller d’Etat) a d’abord rappelé les principales étapes de la construction de la zone euro, puis a présenté les deux nouveaux traités signés en 2012 - instituant un mécanisme européen de stabilité (MES) instauré entre les 17 Etats de la zone euro, et un dispositif visant la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), signé par les 25 Etats-membres de l’UEM. En quoi ces traités sont-ils novateurs sur le plan institutionnel ? La première innovation réside dans le fait que les parties à ces deux traités pourront « utiliser » les institutions de l’Union sans l’accord formel de ces dernières et quand bien même au moins le Royaume-Uni s’y est opposé (dans le cas du traité budgétaire). La seconde est que ces traités pourraient entrer en vigueur même si tous leurs signataires ne le ratifient pas. Leur ratification par toutes leurs parties contractantes n’est pas un préalable obligatoire puisque le MES entre en vigueur dès lors que les membres représentant 90% des souscriptions ont déposé leurs instruments. Le TSCG  entrera en vigueur dès lors que 12 parties contractantes auront accompli cette procédure. Ces traités rendent encore moins lisible pour les citoyens en proie à l’euroscepticisme ambiant, l’architecture institutionnelle européenne, laquelle tend à confondre les 27 et les 17 de la zone euro alors même que l’intégration entre les 17 doit nécessairement être renforcée de manière à résoudre durablement la crise de la zone euro Une réelle avancée, afin d’établir une gouvernance économique plus efficace au regard de la gouvernance monétaire conduite par la BCE, consisterait à désigner un ministre de l’économie et des finances de la zone euro, qui serait à la fois président de l’euro-groupe (ministériel) et vice-président de la Commission chargé de l’euro, à l’instar de ce qui a été fait en matière de politique étrangère et de relations extérieures de l’Union avec le haut représentant à la politique étrangère commune. « Une commission de surveillance de la zone euro », composée de parlementaires européens et de représentants des parlements nationaux des pays de l’euro, pourrait également surveiller l’application par les Etats des nouvelles disciplines budgétaires, le déroulement des procédures de déficits excessifs et les décisions des sommets de la zone euro, lesquels devraient, selon le TSCG, être organisés « chaque fois que nécessaire et au moins deux fois par an ».

Jacques Mistral (chercheur à la Brookings Institution à Washington et conseiller spécial de l’IFRI) rappelle que l’histoire économique des Etats Unis a pu être qualifiée de « croissance spéculative ». Créatrices de richesses pendant l’euphorie, les bulles financières finissent par exploser, avec des conséquences plus ou moins sévères, sans toutefois condamner le système. Le quasi-effondrement du système financier à l’automne 2008 a placé Washington devant des choix drastiques. Le sauvetage des banques a été  finalement assuré au printemps 2009 par l’opération “stress tests” et les recapitalisations. Mais le sauvetage sur fonds publics des plus grandes institutions financières et la crise du crédit qui s’ensuivit ont ravivé, comme après la grande dépression, l’opposition latente entre « Main street » et « Wall street ». La loi Dodd Frank – de son vrai nom: Dodd Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act  - a étendu la réglementation des activités financières au-delà de ses limites traditionnelles. Elle encadre les activités de marché à haut risque et impose de nouvelles règles aux échanges de produits dérivés qui devront pour une part substantielle se dérouler sur des marches organisés. Elle inclut une version atténuée de la règle dite “Volcker rule”  disposant que les activités de marché pour compte propre seraient prohibées pour les banques couvertes par le mécanisme fédéral d’assurance des dépôts. La loi aborde la question des institutions financières “too big to fail” ou “systématiquement importantes” (SIFIs), en autorisant les régulateurs à imposer des restrictions supplémentaires à l’activité de ces sociétés ; elle crée une procédure pour organiser la liquidation éventuelle d’institutions en faillite sans coût pour le contribuable. La loi  tente de mettre un terme aux pratiques de crédit abusives et crée un nouveau régulateur (abrité par la Fed) chargé de la protection des consommateurs dans le domaine financier. Chacun de ces thèmes a donné lieu à d’intenses tractations, particulièrement vives à propos des responsabilités de la Fed. La loi crée enfin un nouveau Conseil de supervision financière (le Financial Stability Oversight Board) présidé par le Secrétaire au Trésor, qui a pour mission de coordonner la détection et le suivi des risques portés par le système financier dans son ensemble.

Toutefois, en mai 2012, JP Morgan annonçait une perte de 2 milliards de dollars localisée dans les activités de la direction financière de la banque (the chief investment office). Tout ce que la crise financière avait mis au jour et que Wall Street cherchait à faire oublier depuis quelques années se trouvait à nouveau étalé dans la presse financière !  La nature précise des opérations n’est pas connue ; certains supposent qu’elles étaient structurées pour être profitables dans l’hypothèse où les crédits sous-jacents se détérioreraient dans les mois qui suivaient. JP Morgan les a décrites comme opérations de hedging et non de spéculation pour compte propre, une affirmation le plus souvent jugée douteuse. Il est troublant que cette mésaventure se soit produite dans la banque qui avait le mieux résisté aux aléas financiers récents et qui était supposée avoir le meilleur système de contrôle des risques. Les responsabilités de ceux qui ont entrainé l’économie vers l’abîme n’ont jamais été élucidées et les banques ont trop vite été remises en situation de reprendre les mêmes chemins risqués que par le passé. L’actualité la plus récente a illustré le bien-fondé de ces inquiétudes. Au total, on ne prend pas de grand risque en pronostiquant, après le second anniversaire de la loi Dodd Frank,  qu’il s’agit d’un chantier encore loin d’être terminé ; il est trop tôt pour établir un bilan coût-bénéfice. La loi a certainement permis de rétablir une certaine confiance dans le système financier et n’a pas fait obstacle à la reprise du crédit. Mais ces résultats demeurent fragiles, l’opinion publique reste en alerte sur les excès de Wall street et le balancier n’est pas encore stabilisé.

Christian Walter (professeur à l’ESCP Europe et à l’Institut Catholique de Paris) soutient que la régulation des marchés financiers prend depuis une dizaine d’années la forme d’une martingalisation généralisée des prix, qui a abouti notamment à la notion de juste valeur dans les réglementations Bâle III et Solvabilité 2. En équitation, une martingale est un enrênement particulier : un système de sangles posé sur le cheval qui l’empêche de trop lever sa tête vers le haut ou de trop la baisser vers le bas, et de trop la secouer. En termes financiers, martingaliser les marchés revient à dire que l’on cherche à éviter une trop grande volatilité des cours en enrênant les Bourses au moyen de martingales. Dans le cas de la pensée financière, la gestation de l’idée de bilan au prix de marché et la martingalisation des actifs financiers au taux sans risque, nous nous trouvons face à trois histoires qui coexistent séparément pendant près de soixante ans, en s’ignorant mutuellement jusqu’à leur articulation formelle effectuée dans les années quatre-vingt par une percée conceptuelle majeure. Ces trois aventures intellectuelles sont respectivement la modélisation des variations boursières par des processus aléatoires, c’est-à-dire une recherche de type descriptive (sans explication causale) pour caractériser par une formule mathématique adéquate la forme des trajectoires de cours observées sur les marchés ; l’évaluation des actifs financiers et des entreprises, c’est-à-dire la recherche d’une théorie capable de fournir un cadre conceptuel rigoureux permettant de donner un prix supposé juste à tout objet pouvant être négocié; enfin, la modélisation de l’équilibre en économie, qui inclut les développements de la théorie économique de l’équilibre général, initialement décrit dans un cadre statique, puis ensuite généralisé dans un cadre dynamique inter-temporel.

L’unification se produisit par binôme de théories : la jonction entre l’évaluation financière et les martingales fut faite par Samuelson entre 1965 et 1973 ; la jonction entre les martingales et les modèles économiques d’équilibre fut faite par Le Roy en 1973 et Lucas en 1978 ; la jonction entre la théorie de l’arbitrage et l’évaluation financière fut faite par Ross, Harrison, Kreps et Pliska entre 1976 et 1981. La notion de « noyau d’évaluation », qui est un facteur d’actualisation à un taux aléatoire, permit de synthétiser puis d’unifier ces trois jonctions partielles. La compréhension profonde de l’équivalence entre arbitrage et forme martingale fut l’étape intellectuelle indispensable, le tournant de la pensée financière qui libéra l’imagination des ingénieurs financiers et des régulateurs. La martingalisation systématique des marchés représente l’équivalent pour la finance du XXe siècle de la moyennisation systématique des variables dans la statistique du XIXe siècle.

François Meunier (past-DG de la COFACE) montre que certaines tendances lourdes, venant pour partie d’initiatives réglementaires, mais surtout de dynamiques propres au secteur, sont à l’oeuvre dans l’industrie financière, et notamment,  dans la banque d’investissement. Des changements assez profonds sont à attendre dans son organisation. Une des conséquences de ces changements pourrait être la réduction de la rente dégagée par le secteur financier sur le secteur non-financier, et par voie de conséquence, une réduction du niveau de rémunération de ses salariés. François Meunier rappelle les trois explications les plus courantes au phénomène d’hyper-salaires dans la banque. La première consiste à dire que l’industrie de la finance est une des plus sophistiquées qui soient et requiert des talents particuliers ; les rémunérations y sont à la mesure d’une productivité individuelle à la fois élevée et démultipliée par les effets d’échelle propres à cette industrie. La deuxième se concentre sur la relation employé-employeur et identifie une capacité hors du commun de l’employé à capter la valeur créée, au détriment des actionnaires. La troisième identifie une position de rente abusive des banques vis-à-vis de leurs clients, dont profitent solidairement les salariés et les actionnaires.

La crise financière ouverte en 2007 déconsidère quelque peu la première explication. Il apparaît à présent plus facile d’être talentueux dans un marché porté par la bulle de crédit que dans les marchés financiers déprimés que nous connaissons aujourd’hui. Les deux dernières explications relèvent d’anomalies de marchés. Le marché du travail serait à cet égard beaucoup moins efficient que les marchés financiers. Il conduirait à une allocation déplorable des ressources en emploi, drainant une population trop importante d’ingénieurs et autres jeunes de talent vers les métiers de la finance au détriment des autres secteurs de l’économie; et il déréglerait les incitations individuelles au sein des banques d’investissement, conduisant à des prises de risque injustifiées ou à des comportements délictueux. 

Deux éléments concourent à renforcer la main des salariés dans l’industrie financière. Tout d’abord, la banque a peu de moyens de conserver pour elle le savoir-faire du salarié, sous la forme de brevets ou de restrictions à la circulation sur le marché du travail. Les produits financiers ou les innovations juridiques, même les plus sophistiqués, ne sont pas brevetables et, une fois mis au point, leur production est facilement transférable. Dans la banque, les mieux payés ne sont pas ceux qui ont le savoir le plus pointu. Le phénomène a été renforcé par la bulle de crédit d’avant la crise financière, comme il l’avait été lors de la bulle de crédit des années vingt. L’abondance des fonds à investir a réduit le poids politique de l’apport de capital. Le deuxième élément propre à la finance est le caractère très fermé du marché du travail, avec des mécanismes de closed shop. C’est l’ensemble du management qui est solidaire du niveau de rémunération. Il y a conflit d’intérêts au sein même du management chargé de fixer les conditions salariales. Dernier point, il est très difficile de réduire les coûts salariaux, y compris les bonus, en cas de mauvaise conjoncture, précisément en raison de la concurrence entre banques sur les meilleures équipes. La troisième explication pointe au contraire la convergence d’intérêts entre actionnaires et banquiers salariés. En effet, la banque d’investissement a été, avant les déconvenues de la crise financière, extrêmement rentable pour l’actionnaire. Salariés et actionnaires, sans doute en conflit pour le partage de la rente, sont unis face au client pour avoir la rentabilité la plus grande.

Face à des vendeurs indirectement coalisés ou dont les prix sont indolores ou incompréhensibles, la régulation est très mal armée. D’abord, en raison de la complexité des relations de marché rendant difficiles la détection d’anomalies ou de collusion. Le souci prudentiel consiste à imposer à l’industrie de nouvelles contraintes dont l’effet est d’accroître les barrières à l’entrée pour de nouveaux entrants et donc de réduire la concurrence. De plus, on sait que la concurrence entre banques sur le marché du crédit et d’une manière générale pour tous les produits à risque, conduit souvent à une course vers le bas qui accroît le risque bancaire. Au total, très peu de nouveaux acteurs apparaissent, ce qui est un paradoxe pour une industrie qui se vante des nombreuses innovations qu’elle fait naître. S’il y a innovation, on ne voit pas les nouvelles firmes pour les porter.  En France, la crise a même conduit à réduire de deux le nombre déjà réduit de banques universelles. L’accroissement de la concurrence joue donc de façon ambivalente sur les salaires des banquiers. Il réduit la rente extraite sur le secteur non financier de l’économie, ce qui pousse à la réduction des salaires ; mais il accroît la compétition entre établissements sur le marché du travail, ce qui à l’effet inverse. Il est donc probable qu’on assiste à un processus de déconsolidation de l’industrie de banque d’investissement dans les années à venir.

C. Mellios et J-J. Pluchart

5/3/2013

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