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La Revue des Sciences de Gestion, Direction et Gestion n° 230 – Éditorial

 

« Direction et gestion des entreprises »

 

Philippe NASZÁLYI

Directeur de la rédaction et de la publication

 

Le titre originel de notre revue, créée en 1965 et devenu depuis 1997, notre sous titre, est pour ce numéro, le meilleur condensé des contributions qu’il entend proposer sur la stratégie et l’organisation.

Il est en effet, nécessaire de manière régulière, de se recentrer sur ce que les pédagogues appellent les fondamentaux.

Ainsi, dans sa dernière livraison, notre jeune consoeur et amie, La Revue française de Gestion, se pose-t-elle la question « À quoi sert la gestion ? ».

Plus prosaïquement, car nous sommes nés de la volonté créatrice de l’ICG (gestion et management stratégique des entreprises) et par la suite de l’Institut Français de Gestion (IFG), notre revue a toujours pour mission d’ancrer la Recherche à son terrain expérimental, pour former cadres et dirigeants. Pour nous, il ne peut y avoir de gestion « hors sol » qui se contenterait de reprendre avec plus ou moins de bonheur, des articles traduits d’autres continents, même plus ou moins « remixés » avec la « glose » de « gloires » professorales régionales voire nationales.

Le commentaire du commentaire fut la destruction dela philosophie médiévale en donnant au beau mot de scholastique, toute son acception péjorative qui, elle, a traversé les siècles. Il est la mort, par le mépris qu’elle inspire partout, de la « recherche managériale française » si l’on n’y prend pas garde.

Les bibliographies que nous scrutons avec une attention toute particulière, révèlent si souvent l’absence complète d’originalité et de création. Elles vont de pair avec une déconnexion totale d’avec la réalité des choses qui en gestion, reste et demeure, quoi qu’on en dise, l’entreprise et ses acteurs, ou son terme plus contemporain : l’organisation et ses collaborateurs.

Avec les fondateurs qui furent les nôtres, tous hommesd’entreprise au sens ouvert de ce terme, mais travaillant, sous la férule de vrais et incontestables universitaires depuis l’équipe fondatrice de 1965, comme Pierre Tabatoni, hélas disparu1, ou Pierre Lassègue qui nous honore toujours de ses précieux avis, nous ne pouvons que continuer dans cette voie créatrice de Recherche originale dans tous les domaines, ce que les Américains nomment « economics », et qu’ils avaient condensé en « direction et gestion des entreprises ».

Cette recherche peut-être un peu difficile ou abstraite parfois, pour les hommes de terrain, confrontés à l’activité quotidienne et aux enjeux de la concurrence mondialisée, c’est un truisme de le répéter, demeure indispensable pour tous ceux qui entendent réfléchir à leurs pratiques, les adapter, s’inspirer d’expériences venues d’ailleurs, en bref accepter de se remettre en cause, pour progresser et faire progresser leur équipe et leur entreprise.

On disait à l’IFG, et le rédacteur en chef de la revue d’alors, Jean-Pierre Gravier, aimait à le répéter : « UN CAD RE A HAUTES RESPONSA BILITES OU UN CHEF D’ENT REPRISE VAUT AUTANT PARCE QU’IL SAIT QUE PAR TOUT CE QU’IL ACEPTE D’APRENDRE… »

C’est, peut-être, un slogan publicitaire, c’est plus sûrement une maxime, c’est à coup sûr, un impératif pour tout dirigeant sérieux ou cadre compétent qui a compris que les échecs proviennent du fait que les « pratiques managériales ne font qu’un usage très limité des connaissances accumulées par la recherche en management », comme le soulignent à juste titre les deux grands universitaires américains que sont Jeffrey Pfeffer et Robert Sutton 2.

Enfin, parce qu’il n’est de bonnes pratiques en gestion que fondées sur l’expérimentation dans des cadres culturellement proches, pour que la transposition soit une réussite et non une de ses innombrables sources de conflits sociaux, d’échecs, de faillites ou de délocalisations après pillage des brevets, des savoir-faire ou des matériels, nous tenons particulièrement, et depuis toujours, à ce que les auteurs des articles que nous sélectionnons avec rigueur, viennent de tous les horizons pour illustrer à partir de terrains géographiquement variés, toutes les solutions managériales qui s’offrent à l’étude et à la pratique.

La création du Comité Indépendant de Veille Internationale Stratégique que nous avons révélé dans le numéro précédent et qui figure désormais en bonne place, page 2 de couverture, est l’illustration de l’extension de notre choix de références internationales élargies et ouvertes à tous ceux qui partagent notre philosophie éthique de l’originalité des contributions et non de plagiat ou de transposition de traductions plus ou moins fidèles qui décrédibilisent depuis longtemps, aux yeux de l’étranger et d’une classe politico médiatique très superficiellement formée au management, c’est le moins que l’on puisse dire, tout ce qui provient trop souvent des publications françaises en gestion.

Nous avons résolument, avec courage (tant les charges et les coups bas sont fréquents) choisi de nous en dissocier nettement, en revendiquant notre indépendance vis-à-vis des chapelles, des groupes ou des ligues « d’anciens » de quelque chose, qui vivent des prébendes publiques ou privées ou des places obtenues par cooptation3.

Nos partenaires de presse de recherche, au Liban, au Canada…, les centres de recherche internationaux qui travaillent avec nous, croient aux mêmes valeurs morales et nous incitent à nous développer encore à l’international, sans perdre notre âme. Dans les mois qui viennent, nous aurons le plaisir d’annoncer ces actions à nos lecteurs toujours plus fidèles, dans les grandes zones que sont « les » outre-Méditerranée » ou « les » outre-Atlantique, notamment.

Axé autour des deux grands fondements de la politique de gestion, que sont la stratégie et l’organisation, ce deuxième numéro de l’année 2008, présente en deux dossiers une vision complète et actualisée de :

Gouvernance et management stratégiques, en sept articles balayant tout à la fois, chartes éthiques ou rôle des dirigeants comme les relations contractuelles et conflictuelles de travail, subventions à la production comme la gestion des secteurs publics ou privés, management de la diversité culturelle comme celle des réseaux inter-organisationnels, dans les grandes entreprises ou les PME, en Europe ou en Afrique ;

– et une application poussée, on dirait en jargon moderne : « un focus », sur ce que beaucoup considèrent comme une chance de survie pour le capitalisme : les entreprises familiales dans ce qui peut constituer leur originalité : le management différencié. C’est pour nous, en tout cas une alternative à l’impasse constituée par la financiarisation à outrance que nous dénoncions, non sans raison et avec prémonition, quant on en voit les conséquences, il y a de nombreux mois4.

Là encore, les cinq articles qui composent ce dossier, proposent des clefs de lecture, d’analyse et donc d’action dans ce domaine. La diversité des entreprises familiales permet d’appréhender la richesse apportée une bonne maîtrise du droit pour un gestionnaire dans ces structures (nous ne plaiderons jamais assez pour un rapprochement entre ces deux matières complémentaires, d’un management réfléchi et réussi), mais qui ne fait pas oublier que les relations entre les générations que ce soit pour la transmission ou la gestion quotidienne sont à la fois sources de conflits à régler, mais aussi de performances grâce à la réactivité et à l’adaptation à l’environnement. Là encore, les exemples européens sont avantageusement complétés par ceux qui nous viennent de cette Outre Méditerranée, si proche de notre culture quotidienne latine.

Enfin, parce que poser l’état d’une question n’est pas seulement une pratique universitaire, mais bien celle que les Latins déjà conseillaient à tout homme qui entreprend : Antequam agatis, cogitate !, nous avons estimé que ce numéro devait s’ouvrir avec une riche et synthétique réflexion sur la stratégie !

 

1. Cf. In memoriam, Un fondateur et ami de la Revue vient de nous quitter, Pierre Tabatoni, La Revue des Sciences de Gestion, direction et gestion des entreprises, n° 218, mars-avril 2006, page 12.

2. « Hard Facts, dangerous half-truths & total nonsense » Harvard Business School Press, 2006, traduction de l’américain par Sabine Rolland, éditions Vuibert, Paris 2007, 265 pages.

3. Le localisme dans le monde académique : un essai d’évaluation par Olivier Godechot & Alexandra Louvet, 22 avril 2008, http://www.laviedesidees.fr/Le-localisme-dans-le-monde.html

4. « La banqueroute est au coin de la rue ou les arbres ne montent pas jusqu’au ciel !, La Revue des Sciences de Gestion, direction et gestion des entreprises, n° 224-225, mars-juin 2007, pages 5-7.

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