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Blog animé par Yves Soulabail

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 17:12

Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF) a signé l’accord de place sur le préfinancement du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Ce dispositif permet à l’entreprise, via une avance de trésorerie, d’anticiper le bénéfice de ce crédit d’impôt sans attendre son versement par l’Etat à partir de 2014. Les banques françaises proposent ainsi à leurs clients entreprises et TPE/PME de leur faciliter davantage le financement de l’exploitation et des investissements. Cette mesure s’inscrit dans le sens de l’amélioration de la compétitivité des entreprises qui est pour les banques un élément clé du retour à la croissance et à l’emploi, enjeu essentiel pour notre pays.
Les réseaux bancaires sont prêts à proposer à leurs clients une offre de préfinancement du CICE, alors que ce dispositif complexe a été finalisé par l’instruction fiscale du 26 février dernier et qu’il a nécessité des travaux importants au sein des établissements de crédit. Comme tout crédit, le préfinancement du CICE devra être analysé au cas par cas en fonction de la situation et des perspectives d’activités de l’entreprise.
Rappelons par ailleurs que les banques françaises continuent à financer les entreprises à un rythme supérieur à la moyenne européenne, notamment les PME, à des taux très bas. L’encours de crédit aux TPE/PME a progressé de 2,2% sur un an à fin mars, selon les chiffres de la Banque de France. Cela est réalisé dans un contexte atone de l’économie : 68% des PME mettent la faiblesse de l’activité au 1er rang des freins à l’investissement.

Chiffres clés crédits entreprises/TPE-PME en France

Entreprises

+ 1,1% : évolution des encours de crédits aux entreprises sur un an
818 milliards € : encours des crédits aux entreprises
40,1 milliards € : émissions nettes de titres par les entreprises (cumul sur 12 mois)
500 milliards € : estimation du montant total du crédit interentreprises (2011)

TPE/PME

+ 2,2% : évolution des encours de crédits mobilisés aux PME sur un an
8 PME/10 ont obtenu les crédits demandés en France

www.fbf.fr

http://1.bp.blogspot.com/-51Fv4z9A55Q/T_cKQGJBEiI/AAAAAAAAAE8/32vU84UCdJg/s1600/FBF.jpg
Sources : Banque de France (à fin mars 2013), BCE – enquête sur l’accès aux PME au crédit, Observatoire des délais de paiement 2012

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 11:26

« Innovation et compétitivité dans le secteur de la santé.

Quelles perspectives de développement et quels enjeux économiques pour la France »

Vendredi 24 mai 2013 à 18h30 à l’IAE Lille

Les étudiants du master 2 MESS (Management des Entreprises du Secteur de la Santé) de l’IAE

Lille organisent une conférence - débat au cours de laquelle nous échangerons sur l’innovation et la compétitivité dans le secteur de la santé, avec la participation de :

- Monsieur Xavier BERTRAND, Ancien Ministre du Travail et de la Santé, Député et

Maire de Saint-Quentin, répondra aux différentes questions de l’auditorium sur les perspectives de développement et les enjeux économiques pour la France dans le secteur de la santé,

- Monsieur Etienne VERVAECKE, Directeur Général d’EURASANTE, présentera les actions d’Eurasanté, les forces et spécificités du développement économique de la filière régionale Biologie Santé Nutrition,

- Monsieur François-Xavier DENIMAL, Chargé d’affaires en biologie santé chez SATT Nord, présentera la SATT Nord, le concept projet et les enjeux économiques. Il sera accompagné de Monsieur Boris MOLLE, Directeur du transfert chez SATT Nord.

La conférence sera suivie d’un cocktail pour permettre la poursuite des échanges.
L’entrée est gratuite. 

Les étudiantes organisatrices :
Mesdames Vanessa Decool, Khadija Elhassiouy, Laëtitia Goubet, Laurence Herbach

 

http://www.etudinfo.com/image/logo-ecole/iae-lille.gif

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 04:17

Centre de Recherches Historiques de l'EHESS

et Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine
UMR 8173 Chine-Corée-Japon EHESS/CNRS

À l’occasion de la parution du livre de

Marie-Claire Bergère

Chine, le nouveau capitalisme d’État
Fayard, 2013

une table ronde présidée par

Frédéric Obringer (directeur du CECMC, CNRS)

réunira

Patrick Fridenson (EHESS, Centre de recherches historiques)
François Gipouloux (CNRS, CECMC)
Xavier Paulès (EHESS, CECMC)
Alessandro Stanziani (EHESS, Centre de recherches historiques)

Jeudi 16 mai 2013
15h-17h
Salle du Conseil A (sous-sol)

EHESS, Bâtiment Le France, 190-198 avenue de France, Paris 75013

En présence de l’auteur

Historienne de la Chine moderne dont elle suit les mutations depuis plus de quarante ans, Marie-Claire Bergère revient sur la nature hybride du régime chinois. Elle montre comment les réformes lancées depuis 1980 sont conduites de façon autoritaire par une élite dont l’objectif n’est pas de créer un système capitaliste, mais d’utiliser au mieux les ressources du marché pour développer la richesse de la Chine, renforcer sa puissance et préserver le monopole du parti.

Autres publications de Marie-Claire Bergère :
L’Âge d’or de la bourgeoisie chinoise (Flammarion, 1986), Sun Yat-sen (Fayard, 1994), Shanghai (Fayard, 2002), Capitalismes et capitalistes en Chine (Perrin, 2007).

http://s2.lemde.fr/image/2013/02/25/534x0/1838724_5_7911_chine-le-nouveau-capitalisme-d-etat-de_72d4b5bb999a40ab5d8cfdaf671863b0.jpg

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 17:27

Le ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire et de la Consommation, Benpô Hamon, se rendra à Mortain sur le site normand de la SCOP ACOME (Association coopérative d’ouvriers en matériel électrique), où il visitera deux des cinq sites industriels de ce leader français du câblage, des réseaux télécoms et des infrastructures de bâtiment.
Créé en 1932, premier groupe industriel coopératif français, employant 1430 personnes et dont 60% de l’activité trouve des débouchés à l’international, ACOME démontre par ses succès industriels et commerciaux qu’entreprendre en SCOP participe pleinement de la compétitivité de l’économie française.
A l’issue de la visite, le ministre remettra les insignes de chevalier de la Légion d’honneur à son Président-directeur général, Jacques de HEERE. Les SCOP font l’objet d’une attention particulière du ministre délégué chargé de l’Economie sociale et solidaire, qui souhaite en cinq ans doubler leur nombre et faire de celles-ci un véritable levier de création d’emploi, dans le cadre de la politique de soutien à la croissance du gouvernement.
Le ministre abordera notamment avec les salariés et l’équipe de direction de l’entreprise les dispositions particulières du projet de loi sur l’Economie sociale et solidaire ayant trait au développement des SCOP.

http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/imagecache/acteur_header/images/323benoit_hamon_1_0.jpg

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 08:32

Les députés Karine Berger et Dominique Lefebvre viennent de remettre au Ministre de l’Economie et des Finances leur rapport intitulé « Dynamiser l’épargne financière pour financer l’investissement et la compétitivité ».

La profession bancaire va examiner ce texte. En première analyse, elle partage le constat des deux auteurs, à savoir que la France dispose d’une épargne financière abondante mais encore insuffisamment orientée vers le financement de l’investissement. Elle estime que certaines recommandations du rapport méritent d’être étudiées plus avant : c’est le cas notamment du fléchage d’une partie de l’assurance-vie vers le financement des entreprises, ainsi que le projet de mettre en place un PEA PME.

Toutefois, ces propositions ne devraient modifier qu’à la marge la réorientation de l’épargne pourtant nécessaire, notamment en faveur des actions, pour répondre aux enjeux imposés par la situation économique de notre pays. La FBF constate en particulier qu’une révision de la fiscalité de l’épargne dans le sens d’une plus grande incitation à l’investissement de long terme n’est pas proposée ; l’alignement de la taxation des revenus du capital sur celle des revenus du travail en vigueur depuis le début de l’année ne saurait favoriser le développement économique de notre pays.

Enfin, la FBF regrette que le rapport maintienne les avantages fiscaux et sociaux de l’épargne réglementée à court terme et favorise ainsi l’épargne liquide par la fiscalité. Comme les banques françaises l’ont souligné à de multiples reprises, le relèvement du plafond du Livret A dont les fonds centralisés à la CDC sortent du bilan des banques, est contreproductif pour l’économie française alors que la réglementation de Bâle 3 leur impose d’avoir davantage de dépôts pour continuer à faire du crédit à leurs clients. Les mesures préconisées dans ce rapport n’aideront donc pas les banques à financer l’économie française et à retrouver le chemin de la croissance.

http://1.bp.blogspot.com/-51Fv4z9A55Q/T_cKQGJBEiI/AAAAAAAAAE8/32vU84UCdJg/s1600/FBF.jpg

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 12:12

Vers une nouvelle régulation financière

Le Laboratoire d’Excellence Régulation Financière (Labex RéFi) a reçu le 28 février 2013 au centre Panthéon-Sorbonne, des experts du Cercle Turgot, afin de débattre sur la réforme des systèmes de régulation des marchés monétaire et financier. Le professeur Constantin Mellios a d’abord présenté le Labex RéFi, qui réunit des chercheurs de l’Université Paris I, de l’ESCP Europe, du CNAM et de l’ENA. Le Labex Réfi est un centre de recherche dédié à l’évaluation des politiques de régulation. Il vise à faire progresser la connaissance du fonctionnement des systèmes financiers et de leur régulation, à “conseiller” et à “guider” en toute indépendance l’action des pouvoirs publics dans la mise en œuvre des politiques de régulation en apportant une expertise académique. Puis le professeur Jean-Jacques Pluchart et Jean-Louis Chambon (président du Cercle Turgot), ont rappelé qu’à l’occasion du 25e anniversaire du prix Turgot du meilleur livre d’économie financière, le Cercle Turgot a publié son 4eouvrage intitulé « Grandeur et misère de la finance moderne », qui croise les regards de 45 personnalités sur la crise économique et financière actuelle, et notamment sur les dérèglements de l’euro-système. La manifestation a réuni des personnalités des milieux de la banque, de l’industrie et de l’université. Les interventions ont donné lieu à de nombreuses questions. 

Yves Doutriaux (Conseiller d’Etat) a d’abord rappelé les principales étapes de la construction de la zone euro, puis a présenté les deux nouveaux traités signés en 2012 - instituant un mécanisme européen de stabilité (MES) instauré entre les 17 Etats de la zone euro, et un dispositif visant la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), signé par les 25 Etats-membres de l’UEM. En quoi ces traités sont-ils novateurs sur le plan institutionnel ? La première innovation réside dans le fait que les parties à ces deux traités pourront « utiliser » les institutions de l’Union sans l’accord formel de ces dernières et quand bien même au moins le Royaume-Uni s’y est opposé (dans le cas du traité budgétaire). La seconde est que ces traités pourraient entrer en vigueur même si tous leurs signataires ne le ratifient pas. Leur ratification par toutes leurs parties contractantes n’est pas un préalable obligatoire puisque le MES entre en vigueur dès lors que les membres représentant 90% des souscriptions ont déposé leurs instruments. Le TSCG  entrera en vigueur dès lors que 12 parties contractantes auront accompli cette procédure. Ces traités rendent encore moins lisible pour les citoyens en proie à l’euroscepticisme ambiant, l’architecture institutionnelle européenne, laquelle tend à confondre les 27 et les 17 de la zone euro alors même que l’intégration entre les 17 doit nécessairement être renforcée de manière à résoudre durablement la crise de la zone euro Une réelle avancée, afin d’établir une gouvernance économique plus efficace au regard de la gouvernance monétaire conduite par la BCE, consisterait à désigner un ministre de l’économie et des finances de la zone euro, qui serait à la fois président de l’euro-groupe (ministériel) et vice-président de la Commission chargé de l’euro, à l’instar de ce qui a été fait en matière de politique étrangère et de relations extérieures de l’Union avec le haut représentant à la politique étrangère commune. « Une commission de surveillance de la zone euro », composée de parlementaires européens et de représentants des parlements nationaux des pays de l’euro, pourrait également surveiller l’application par les Etats des nouvelles disciplines budgétaires, le déroulement des procédures de déficits excessifs et les décisions des sommets de la zone euro, lesquels devraient, selon le TSCG, être organisés « chaque fois que nécessaire et au moins deux fois par an ».

Jacques Mistral (chercheur à la Brookings Institution à Washington et conseiller spécial de l’IFRI) rappelle que l’histoire économique des Etats Unis a pu être qualifiée de « croissance spéculative ». Créatrices de richesses pendant l’euphorie, les bulles financières finissent par exploser, avec des conséquences plus ou moins sévères, sans toutefois condamner le système. Le quasi-effondrement du système financier à l’automne 2008 a placé Washington devant des choix drastiques. Le sauvetage des banques a été  finalement assuré au printemps 2009 par l’opération “stress tests” et les recapitalisations. Mais le sauvetage sur fonds publics des plus grandes institutions financières et la crise du crédit qui s’ensuivit ont ravivé, comme après la grande dépression, l’opposition latente entre « Main street » et « Wall street ». La loi Dodd Frank – de son vrai nom: Dodd Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act  - a étendu la réglementation des activités financières au-delà de ses limites traditionnelles. Elle encadre les activités de marché à haut risque et impose de nouvelles règles aux échanges de produits dérivés qui devront pour une part substantielle se dérouler sur des marches organisés. Elle inclut une version atténuée de la règle dite “Volcker rule”  disposant que les activités de marché pour compte propre seraient prohibées pour les banques couvertes par le mécanisme fédéral d’assurance des dépôts. La loi aborde la question des institutions financières “too big to fail” ou “systématiquement importantes” (SIFIs), en autorisant les régulateurs à imposer des restrictions supplémentaires à l’activité de ces sociétés ; elle crée une procédure pour organiser la liquidation éventuelle d’institutions en faillite sans coût pour le contribuable. La loi  tente de mettre un terme aux pratiques de crédit abusives et crée un nouveau régulateur (abrité par la Fed) chargé de la protection des consommateurs dans le domaine financier. Chacun de ces thèmes a donné lieu à d’intenses tractations, particulièrement vives à propos des responsabilités de la Fed. La loi crée enfin un nouveau Conseil de supervision financière (le Financial Stability Oversight Board) présidé par le Secrétaire au Trésor, qui a pour mission de coordonner la détection et le suivi des risques portés par le système financier dans son ensemble.

Toutefois, en mai 2012, JP Morgan annonçait une perte de 2 milliards de dollars localisée dans les activités de la direction financière de la banque (the chief investment office). Tout ce que la crise financière avait mis au jour et que Wall Street cherchait à faire oublier depuis quelques années se trouvait à nouveau étalé dans la presse financière !  La nature précise des opérations n’est pas connue ; certains supposent qu’elles étaient structurées pour être profitables dans l’hypothèse où les crédits sous-jacents se détérioreraient dans les mois qui suivaient. JP Morgan les a décrites comme opérations de hedging et non de spéculation pour compte propre, une affirmation le plus souvent jugée douteuse. Il est troublant que cette mésaventure se soit produite dans la banque qui avait le mieux résisté aux aléas financiers récents et qui était supposée avoir le meilleur système de contrôle des risques. Les responsabilités de ceux qui ont entrainé l’économie vers l’abîme n’ont jamais été élucidées et les banques ont trop vite été remises en situation de reprendre les mêmes chemins risqués que par le passé. L’actualité la plus récente a illustré le bien-fondé de ces inquiétudes. Au total, on ne prend pas de grand risque en pronostiquant, après le second anniversaire de la loi Dodd Frank,  qu’il s’agit d’un chantier encore loin d’être terminé ; il est trop tôt pour établir un bilan coût-bénéfice. La loi a certainement permis de rétablir une certaine confiance dans le système financier et n’a pas fait obstacle à la reprise du crédit. Mais ces résultats demeurent fragiles, l’opinion publique reste en alerte sur les excès de Wall street et le balancier n’est pas encore stabilisé.

Christian Walter (professeur à l’ESCP Europe et à l’Institut Catholique de Paris) soutient que la régulation des marchés financiers prend depuis une dizaine d’années la forme d’une martingalisation généralisée des prix, qui a abouti notamment à la notion de juste valeur dans les réglementations Bâle III et Solvabilité 2. En équitation, une martingale est un enrênement particulier : un système de sangles posé sur le cheval qui l’empêche de trop lever sa tête vers le haut ou de trop la baisser vers le bas, et de trop la secouer. En termes financiers, martingaliser les marchés revient à dire que l’on cherche à éviter une trop grande volatilité des cours en enrênant les Bourses au moyen de martingales. Dans le cas de la pensée financière, la gestation de l’idée de bilan au prix de marché et la martingalisation des actifs financiers au taux sans risque, nous nous trouvons face à trois histoires qui coexistent séparément pendant près de soixante ans, en s’ignorant mutuellement jusqu’à leur articulation formelle effectuée dans les années quatre-vingt par une percée conceptuelle majeure. Ces trois aventures intellectuelles sont respectivement la modélisation des variations boursières par des processus aléatoires, c’est-à-dire une recherche de type descriptive (sans explication causale) pour caractériser par une formule mathématique adéquate la forme des trajectoires de cours observées sur les marchés ; l’évaluation des actifs financiers et des entreprises, c’est-à-dire la recherche d’une théorie capable de fournir un cadre conceptuel rigoureux permettant de donner un prix supposé juste à tout objet pouvant être négocié; enfin, la modélisation de l’équilibre en économie, qui inclut les développements de la théorie économique de l’équilibre général, initialement décrit dans un cadre statique, puis ensuite généralisé dans un cadre dynamique inter-temporel.

L’unification se produisit par binôme de théories : la jonction entre l’évaluation financière et les martingales fut faite par Samuelson entre 1965 et 1973 ; la jonction entre les martingales et les modèles économiques d’équilibre fut faite par Le Roy en 1973 et Lucas en 1978 ; la jonction entre la théorie de l’arbitrage et l’évaluation financière fut faite par Ross, Harrison, Kreps et Pliska entre 1976 et 1981. La notion de « noyau d’évaluation », qui est un facteur d’actualisation à un taux aléatoire, permit de synthétiser puis d’unifier ces trois jonctions partielles. La compréhension profonde de l’équivalence entre arbitrage et forme martingale fut l’étape intellectuelle indispensable, le tournant de la pensée financière qui libéra l’imagination des ingénieurs financiers et des régulateurs. La martingalisation systématique des marchés représente l’équivalent pour la finance du XXe siècle de la moyennisation systématique des variables dans la statistique du XIXe siècle.

François Meunier (past-DG de la COFACE) montre que certaines tendances lourdes, venant pour partie d’initiatives réglementaires, mais surtout de dynamiques propres au secteur, sont à l’oeuvre dans l’industrie financière, et notamment,  dans la banque d’investissement. Des changements assez profonds sont à attendre dans son organisation. Une des conséquences de ces changements pourrait être la réduction de la rente dégagée par le secteur financier sur le secteur non-financier, et par voie de conséquence, une réduction du niveau de rémunération de ses salariés. François Meunier rappelle les trois explications les plus courantes au phénomène d’hyper-salaires dans la banque. La première consiste à dire que l’industrie de la finance est une des plus sophistiquées qui soient et requiert des talents particuliers ; les rémunérations y sont à la mesure d’une productivité individuelle à la fois élevée et démultipliée par les effets d’échelle propres à cette industrie. La deuxième se concentre sur la relation employé-employeur et identifie une capacité hors du commun de l’employé à capter la valeur créée, au détriment des actionnaires. La troisième identifie une position de rente abusive des banques vis-à-vis de leurs clients, dont profitent solidairement les salariés et les actionnaires.

La crise financière ouverte en 2007 déconsidère quelque peu la première explication. Il apparaît à présent plus facile d’être talentueux dans un marché porté par la bulle de crédit que dans les marchés financiers déprimés que nous connaissons aujourd’hui. Les deux dernières explications relèvent d’anomalies de marchés. Le marché du travail serait à cet égard beaucoup moins efficient que les marchés financiers. Il conduirait à une allocation déplorable des ressources en emploi, drainant une population trop importante d’ingénieurs et autres jeunes de talent vers les métiers de la finance au détriment des autres secteurs de l’économie; et il déréglerait les incitations individuelles au sein des banques d’investissement, conduisant à des prises de risque injustifiées ou à des comportements délictueux. 

Deux éléments concourent à renforcer la main des salariés dans l’industrie financière. Tout d’abord, la banque a peu de moyens de conserver pour elle le savoir-faire du salarié, sous la forme de brevets ou de restrictions à la circulation sur le marché du travail. Les produits financiers ou les innovations juridiques, même les plus sophistiqués, ne sont pas brevetables et, une fois mis au point, leur production est facilement transférable. Dans la banque, les mieux payés ne sont pas ceux qui ont le savoir le plus pointu. Le phénomène a été renforcé par la bulle de crédit d’avant la crise financière, comme il l’avait été lors de la bulle de crédit des années vingt. L’abondance des fonds à investir a réduit le poids politique de l’apport de capital. Le deuxième élément propre à la finance est le caractère très fermé du marché du travail, avec des mécanismes de closed shop. C’est l’ensemble du management qui est solidaire du niveau de rémunération. Il y a conflit d’intérêts au sein même du management chargé de fixer les conditions salariales. Dernier point, il est très difficile de réduire les coûts salariaux, y compris les bonus, en cas de mauvaise conjoncture, précisément en raison de la concurrence entre banques sur les meilleures équipes. La troisième explication pointe au contraire la convergence d’intérêts entre actionnaires et banquiers salariés. En effet, la banque d’investissement a été, avant les déconvenues de la crise financière, extrêmement rentable pour l’actionnaire. Salariés et actionnaires, sans doute en conflit pour le partage de la rente, sont unis face au client pour avoir la rentabilité la plus grande.

Face à des vendeurs indirectement coalisés ou dont les prix sont indolores ou incompréhensibles, la régulation est très mal armée. D’abord, en raison de la complexité des relations de marché rendant difficiles la détection d’anomalies ou de collusion. Le souci prudentiel consiste à imposer à l’industrie de nouvelles contraintes dont l’effet est d’accroître les barrières à l’entrée pour de nouveaux entrants et donc de réduire la concurrence. De plus, on sait que la concurrence entre banques sur le marché du crédit et d’une manière générale pour tous les produits à risque, conduit souvent à une course vers le bas qui accroît le risque bancaire. Au total, très peu de nouveaux acteurs apparaissent, ce qui est un paradoxe pour une industrie qui se vante des nombreuses innovations qu’elle fait naître. S’il y a innovation, on ne voit pas les nouvelles firmes pour les porter.  En France, la crise a même conduit à réduire de deux le nombre déjà réduit de banques universelles. L’accroissement de la concurrence joue donc de façon ambivalente sur les salaires des banquiers. Il réduit la rente extraite sur le secteur non financier de l’économie, ce qui pousse à la réduction des salaires ; mais il accroît la compétition entre établissements sur le marché du travail, ce qui à l’effet inverse. Il est donc probable qu’on assiste à un processus de déconsolidation de l’industrie de banque d’investissement dans les années à venir.

C. Mellios et J-J. Pluchart

5/3/2013

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 09:00

Les rémunérations excessives perçues par certains dirigeants d’entreprise malgré des performances économiques et financières médiocres sont un objet de ressentiment de l’opinion publique et les abus observés et commentés dans la presse ont conduit à la conclusion de dysfonctionnements au sein des conseils d’administration desdites entreprises. A ce jour, 15 pays de l’Union Européenne ont mis en place avec des modalités variées le principe du say on pay : l’ensemble des rémunérations octroyées aux dirigeants-mandataires sociaux, rémunérations fixes et variables comprises, est soumis au vote des actionnaires.  Ce 23 février 2013, l’Assemblée Nationale a  présenté un rapport de la mission d’information sur la transparence de la gouvernance des grandes entreprises qui conclut par vingt propositions pour mettre une gouvernance plus responsable au service de stratégies de long terme dont une présentant la version française du « say on pay ».

Dans le position paper intitulé « Rémunération des dirigeants d’entreprise : que peut-on attendre du say on pay ? », Frédéric Palomino, chercheur en économie à l’EDHEC Business School, étudie les différents modèles déjà mis en place à l’international depuis plusieurs années et pour lesquels le nombre d’observations est assez important pour que les conclusions que l’on puisse en tirer sur l’efficacité du say on pay ne reposent pas sur quelques anecdotes.

Les différentes études empiriques menées dans les pays où le principe selon différentes modalités a été mis en place montrent que cette mesure ne modifie pas les niveaux de rémunérations et est accueillie avec scepticisme par les actionnaires. Il est légitime de s’interroger sur une réglementation qui entraîne un nouveau coût administratif et dont le seul aspect positif semble être la correction de rares situations extrêmes d’entreprises pour lesquelles les performances sont mauvaises et les rémunérations anormalement élevées.

"Rémunération des dirigeants d’entreprise : que peut-on attendre du say on pay ?"


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/58/EDHEC_Business_School.jpg/280px-EDHEC_Business_School.jpg

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 08:04

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b3/Abdou_Diouf.jpg/220px-Abdou_Diouf.jpgAbdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, salue la signature le 24 février 2013 sous l’égide du Secrétaire général des Nations unies, de l’accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo (RDC) et les Grands Lacs.
Le Secrétaire général rend hommage aux chefs d’Etat de la région pour leur implication personnelle dans la conclusion de cet accord. Il félicite les partenaires internationaux, notamment la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, la Communauté de développement de l’Afrique australe, l’Union africaine et les Nations unies pour leur contribution significative aux négociations.
« J’exhorte toutes les parties à appliquer loyalement cet accord et les engagements pris qui doivent permettre de répondre aux difficultés politiques ainsi qu’aux violences récurrentes qui déstabilisent l’Est de la RDC et la région. J’encourage par ailleurs les mesures en cours destinées à rétablir durablement la paix et à assurer la sécurité des populations victimes de nombreuses exactions et violations de leurs droits », a indiqué Abdou Diouf.
Le Secrétaire général de la Francophonie appelle la communauté internationale à soutenir résolument l’application de cet accord et réitère la disponibilité de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à accompagner sa mise en œuvre. Abdou Diouf renouvelle l’engagement de l’OIF à intensifier ses actions en RDC en faveur de l’approfondissement du dialogue politique, du renforcement de l’Etat de droit et de la réforme des systèmes de sécurité, conformément aux Déclarations de Bamako et de Saint-Boniface.

http://www.scenario2012.org/dl/2012/05/Logo-OIF.jpg

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 12:04

La souscription du Cercle des Déconnomistes remporte un bon succès. Toutefois, ce cercle reste ouvert aux nouvelle inscriptions pour combattre les experts médiatiques adeptes de l’austérité. Pour ceux qui peuvent se déplacer Les Rencontres Déconnomiques se dérouleront du 4 au 7 juillet 2013 à Aix-en-Provence et le T-shirt des Rencontres Déconnomiques 2013 sera offert à chaque souscripteur.

 

Le Cercle des Déconnomistes
www.deconnomistes.org

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Le_Cercle_des_deconnomistes.jpg

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 12:49

L’Académie des sciences et techniques comptables et financières organise, en partenariat avec la FNCD, Fédération nationale des cadres dirigeants salariés, la remise du 26e Prix Turgot du meilleur livre d'économie financière, le jeudi 28 mars 2013 à 17 h au ministère de l'Économie et des Finances. Le Prix Turgot récompense chaque année le meilleur livre d'économie financière. Le jury est composé de personnalités du monde de la finance, des universités et des entreprises.
Anne Robert Jacques Turgot, baron de l'Aulne, souvent appelé Turgot, né le 10 mai 1727 à Paris où il est mort le 18 mars 1781, est un homme politique et économiste français.
Le Cercle Turgot soutient l’événement annuel du prix Turgot du meilleur livre d’économie financière créé sous le haut patronage du ministère de l’Économie et des Finances, et le Prix FFA-Turgot de la Francophonie en étroite liaison avec l'Association des élèves et anciens élèves de l'Institut de haute finance, IHIFI.
L'Institut Turgot est un think-tank libéral. Il entend jouer un rôle décisif dans la production et la défense des idées libérales en France.
 

Derniers récompensés
2011   David Thesmar, Augustin Landier   La société translucide: Pour en finir avec le mythe de l'État bienveillant (Fayard)
2010   Georges Pauget   La banque de l'après-crise (Revue Banque)

2009   Olivier Pastré, Jean-Marc Sylvestre   Le roman vrai de la crise financière (Perrin)

2008   Patrick Artus   Les incendiaires : Les banques centrales dépassées par la globalisation (Perrin)

2007   André Lévy-Lang   L'argent, la finance et le risque (Odile Jacob)

2006   Mickaël Mangot   Psychologie de l'Investisseur et des Marchés Financiers (Dunod)

2005   Jean-Sébastien Lantz   Valorisation stratégique et financière (Maxima)

 

Avec Jean-Louis Chambon, président d’honneur et fondateur du Cercle Turgot, pour cette 26e édition, la remise des Prix se tiendra en présence de Jérôme Cahuzac, ministre délégué auprès du ministre de l’économie et des finances, chargé du budget. 

 

Liste des auteurs et des ouvrages retenus par le jury présidé par Michel Bon
Les nominés de la 26e  édition :

M. AMENDOLA et J.L. GAFFARD pour Capitalisme et Cohésion sociale ed. ECONOMICA

Jean-Marc DANIEL pour Ricardo, reviens ! Ils sont restés keynésiens ed. F. BOURIN

Evariste LEFEUVRE pour La renaissance Américaine ed. LEO SCHEER

P. SABATIER et J.L. BUCHALET pour La Chine, une bombe à retardement ed. EYROLLES

Jean-Michel TREILLE pour Les clés de l’avenir, l’ambition industrielle ed. L’HARMATTAN

Nominés pour le prix collectif :
La fabrique de la défiance Yann ALGAN – Pierre CAHUC – André ZYLBERBERG ed. ALBIN MICHEL
La France des bonnes nouvelles Michel GODET – Alain LEBAUBE – Philippe RATTE ed. ODILE JACOB

Système financier et création de valeur Revue d’Economie Financière ed. AEF

 

26e Prix TURGOT
Le jeudi 28 mars 2013 à 17h au ministère de l'Économie et des Finances

139, rue de Bercy 75572 PARIS Cedex 12

Pour vous inscrire : Cliquez ici 

Sous la présidence de Jérôme Cahuzac

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Published by La redaction de LaRSG - dans Politique économique

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